Après la défaite cinglante de l’administration Trump devant la Cour suprême américaine, vendredi, dans le cadre d’une décision qui a sapé la capacité de l’imprévisible président à imposer des tarifs douaniers sans l’accord du Congrès, certaines entreprises canadiennes ont poussé un soupir de soulagement, tout en se montrant prudentes dans leurs réactions.
Dans une déclaration transmise par voie de communiqué, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la FCEI, affirme ainsi que « la décision rendue aujourd’hui par la Cour suprême des États‑Unis, qui invalide une grande partie de l’utilisation récente des tarifs douaniers américains, est une bonne nouvelle pour un grand nombre de PME ».
Il semble toutefois y avoir encore loin de la coupe aux lèvres, estime la Fédération, qui déplore le flou et l’incertitude persistants en ce qui concerne les négociations actuelles, entre Ottawa, Washington et Mexico, à propos du renouvellement de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
La fronde qui semble se dessiner entre le plus haut tribunal des États-Unis et un président qui semble croire qu’il peut agir à sa guise risque également de ne pas aider à calmer le jeu, en ce qui concerne les tensions commerciales avec nos voisins du Sud, surtout dans les secteurs névralgiques « du bois d’oeuvre, de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile », mentionne encore la FCEI.
« Dans un sondage récent, 27 % des propriétaires de PME ont indiqué avoir subi des impacts négatifs des tarifs sur les produits non conformes à l’ACEUM, alors que de nombreuses PME peinent à se conformer à un régime complexe et déroutant », lit-on dans cet avis de la Fédération
Battu, Trump a déjà imposé d’autres tarifs
D’ailleurs, le soulagement des entreprises canadiennes pourrait effectivement être de courte durée; selon le New York Times, Donald Trump a déjà imposé de nouveaux tarifs de 10% sur toutes les importations, en plus d’une série d’autres mesures « visant à conserver son principal levier économique sur les autres pays ».
Cette tranche de 10%, rapporte le quotidien new-yorkais, s’appliquerait dès le 24 février. Et le président aurait aussi fait savoir qu’il utiliserait le Trade Act de 1974 pour imposer d’autres fardeaux tarifaires aux partenaires commerciaux des États-Unis.
Des experts consultés par le Times ont fait savoir que si le président va de l’avant avec ces nouvelles barrières, les tarifs moyens s’établiraient à environ 15,4%, soit bien peu en deçà des 16,9%, en moyenne, qui s’appliquaient avant la décision de la Cour suprême.
Dans la foulée du jugement, d’ailleurs, le président n’a pas perdu de temps pour se tourner vers son propre réseau social et viveement critiquer le plus tribunal du pays. « Les membres de la Cour suprême qui ont voté contre notre méthode de tarifs – qui est tout à fait acceptable et correcte – devraient avoir honte. Leur décision était ridicule, mais maintenant, le processus d’ajustement débute, et nous ferons tout ce qui est possible pour faire entrer encore plus d’argent qu’auparavant », a-t-il écrit.
Depuis le début de cette guerre tarifaire contre le reste de la planète, Donald Trump affirme que les tarifs sont une façon de faire « payer » les compagnies étrangères, alors que dans la très grande majorité des cas, ce sont les entreprises et les consommateurs américains qui délient les cordons de la bourse.





