C’est l’apocalypse! Des extraterrestres ont pris possession de la Terre et exterminé une très grande partie de la population. Les survivants ont été amenés à entrer dans un vaste donjon souterrain créé pour divertir des milliards de citoyens galactiques avides de sensations fortes. Bienvenue dans Dungeon Crawler Carl.
Mélange franchement intéressant de Hunger Games, The Running Man et de, eh bien, Donjons et Dragons, ce roman écrit par Matt Dinniman, le premier d’une série de sept, met donc en vedette Carl, humain ordinaire s’il en est, qui est forcé de faire équipe avec Donut – pardon, princesse Donut, le chat de son ex-copine maintenant doté de la parole – pour espérer survivre aux nombreux dangers qui peuplent les 18 niveaux de ce gigantesque donjon.
Rempli, sans surprise, de références à toutes sortes de sujets pour nerds et geeks, le roman se lit un peu comme le compte-rendu d’une partie de jeu de rôle quelque peu déjantée. On a donc droit à quantité de descriptions d’objets, de personnages, d’accessoires, de sorts et autres considérations liées aux points de vie, armes magiques et autres aspects entourant le vaste monde des jeux vidéo et des jeux de rôle.
Est-ce une bonne chose? Oui… et non. D’un côté, ce livre vise clairement un certain public, qui se compte fort heureusement en millions, voire en dizaines de millions de personnes. Et le ton est suffisamment humoristique pour éviter de n’avoir droit qu’à une série d’affrontements mécaniques, mais aussi assez sérieux pour ne pas tomber dans le carrément kitsch ou clinquant. Surtout que certains personnages se permettent parfois des déclarations passablement saugrenues.
Ce qu’il faut se demander, c’est si cette série va aller au-delà de ce qui pourrait s’apparenter à quelqu’un nous lisant un compte-rendu d’une partie de jeu de rôle bien arrosée entre amis, où les règles existent un peu pour être contournées ou enfreintes, et où il est tout à fait possible de se glisser dans la peau d’un chat qui non seulement est capable de parler, mais est aussi doté d’un charisme spectaculaire, en plus d’avoir dressé un bébé velociraptor.
Non pas que cela soit pas divertissant ou amusant, mais l’auteur est-il en mesure de tenir le rythme pendant plus de 2000 pages? Veut-on vraiment tenter le coup et acheter les sept livres de la série, pour simplement découvrir que les six autres volumes ne sont remplis que de combats, d’examen d’habiletés spéciales et de pièces d’équipement, et d’échanges à saveur humoristique entre Carl et Donut?
Rigolo, divertissant, enlevant par moments, Dungeon Crawler Carl est un roman confortable, agréable. Mais le confort est-il suffisant pour lire la suite? Telle est la question…





