Qui n’a jamais rêvé de tout laisser derrière soi et d’aller vivre sa folle jeunesse en Europe? C’est ce qu’on fait Marie-Philippe et Frédérique, deux meilleures amies: les voilà dans une auberge de jeunesse, à Grenade, à cumuler les rencontres d’un soir et les soirées très arrosées. Mais dans Les vacances, jouée sur les planches de la Petite Licorne, cette escapade va virer au cauchemar.
Écrite par Lily Pinsonneault et mise en scène par François Bernier, la pièce a d’abord des allures de récit de voyage un peu trash: Marie-Philippe, jouée par Lou Vincent Desrosiers, y est dépeinte non seulement comme une fêtarde, mais aussi quelqu’un qui semble manquer d’empathie envers son prochain. Ou s’agit-il plutôt d’un manque de considération, une incapacité à saisir et comprendre certains signaux?
À mesure que notre personnage principal raconte sa soirée de la veille à deux autres voyageurs, cependant, on comprend que le texte cache quelque chose d’autre. Quelque chose de glauque, de sinistre, mais aussi de triste.
Si l’on évitera évidemment de dévoiler les principaux rebondissements du scénario, il est franchement intéressant de voir à quel point Mme Vincent Desrosiers, seule sur scène quasiment du début à la fin, réussit à créer une série d’atmosphères qui s’imbriquent parfaitement bien, les unes dans les autres.
À travers ce personnage de femme insouciante, on découvre donc autre chose, une ombre, une… présence?
Et cet aspect un peu terrifiant, cette Bête qui semble dormir en chacun de nous, sera mise en lumière par d’autres échanges, cette fois entre les deux amies, après les faits, au moment où fuseront des mots aussi vrais qu’acerbes, aussi directs que nus et parfois acérés.
Les vacances est une oeuvre aussi efficace que dérangeante. Oui, il y a des blagues à foison, et chez les spectateurs, le rire semblait être de mise, mais il y a aussi des silences qui en disent très long, ces regards qui font mal. Cette pièce est définitivement une oeuvre à voir.
Les vacances, de Lily Pinsonneault, mise en scène de François Bernier, avec Alice Moreault et Lou Vincent Desrosiers
À La Petite Licorne, jusqu’au 10 octobre





