Toujours au diapason du monde, le Festival international de littérature offre ses rendez-vous du 24 septembre au 4 octobre. Une fête de la lecture et du livre, du recueillement et de l’intime. La mise en lecture et en musique Gaza écrit Gaza réserve une soirée sous le signe d’une communion solidaire. En hommage au poète Refaat Alareer, raflé par l’armée israélienne en 2023.
À l’heure de l’entrevue avec la romancière palestino-canadienne Yara El-Ghadban, son pays est en proie à la dévastation. Mais pour celle qui a toujours comme credo de « refuser l’idée d’une Palestine sans aucun avenir », le temps est à la poésie léguée par Refaat Alareer. « Mon peuple vit sous la colonisation depuis 77 ans. C’est un peuple dispersé qu’on a voulu faire disparaître. On ne disparaîtra pas ! Quand je suis désespérée, je pense à la jeunesse… ».

Éternel intellectuel, poète activiste
Peu avant sa disparition, Refaat Alareer avait rédigé le poème If I must Die. Pour Yara El-Ghadban, c’est toute sa lutte acharnée contre le régime israélien qui en faisait un être dangereux à leurs yeux. « Israël veut tuer toutes les figures de l’espoir. Refaat était éloquent, il disait la vérité et transmettait l’amour de la littérature dans une situation de colonisation », exprime-t-elle.
Le réconfort vient par la jeunesse palestinienne qui résiste par les mots, le verbe qui fait craindre. Elle poursuit : « Il enseignait Shakespeare, il inspirait l’empire à la jeunesse, que leurs voix sont canon d’expression. Il était médiatisé, avec son association We are not number. Il incarnait la vie, l’avenir. »
Tout au long de son existence, l’homme a mené de front une résistance, avec comme arme le legs de la littérature et des mots à une quinzaine de jeunes. Leur écriture est la sève des pages de l’ouvrage Gaza écrit Gaza publié chez Mémoire d’encrier. Un livre pour garder en mémoire que les mots et l’imaginaire dominent toute violence. Toute occupation.

Yara El-Ghadban n’a pas connu Refaat Alareer. Ils se seraient rencontré en Pennsylvanie en 2023, dans un cadre littéraire. Mais le sort en a voulu autrement. L’écrivaine édite ses textes, et demande à une confrérie francophone de veiller aux traductions. Parmi ces auteurs, Max Lobe de Suisse, Anaïs Barbeau-Lavalette et Joséphine Bacon du Québec, qui ouvre le livre avec ces lignes troublantes :
Les sentences de mort d’Israël
tombent sur nos têtes,
comme du plomb.
Pour mettre en scène une telle œuvre, dans le contexte apocalyptique actuel, renversement de prisme. Place au spectacle en récits, chants et poèmes! Parce que la littérature est plus puissante que l’horreur, Yara El-Ghadban s’est entourée d’Elkahna Talbi et Moe Clark pour hisser 23 textes. En misant sur des nouvelles qui traduisent la douceur, la tendresse, la liberté et le lien au terroir. On pourra même sentir les parfums des oliveraies…
Gaza écrit Gaza
5e Salle, Place-des-Arts
30 septembre à 19h (Journée nationale de la vérité et de la réconciliation)





