Dans la foulée du lancement du premier jeu de l’iconique série Resident Evil, à la fin des années 1990, les gens de chez Capcom, mais surtout de chez Constantin Films, qui possédaient les droits d’adaptation, ont fait appel à nul autre que George Romero, cultissime réalisateur de fantastiques films de zombies, pour transposer le tout au cinéma. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un documentaire – et quelques archives – pour témoigner de cet échec.
Réalisé et coscénarisé par Brandon Salisbury, George A. Romero’s Resident Evil est ainsi l’histoire de ce film qui n’a finalement jamais été tourné, Constantin Films finissant par confier le projet à Paul W.S. Anderson, avec le résultat que l’on sait.
Bien entendu, la série Resident Evil compte maintenant plusieurs films, et a permis d’engranger des centaines de millions de dollars, mais bien des fans se demandent encore, aujourd’hui, ce qu’il aurait été possible de voir, à l’écran, si le maître des films de zombies s’en était mêlé.
Dans son documentaire, d’ailleurs, M. Salisbury ne manque pas de souligner, de façon fort intéressante, les liens entre la série de jeux vidéo et l’influence de Night of the Living Dead, Dawn of the Dead et autres longs-métrages de M. Romero. Le fait que Capcom ait subséquemment demandé à Romero de tourner une publicité pour Resident Evil 2, et qu’on ait ensuite retenu ses services pour réaliser la version cinématographique du premier titre, vient en quelque sorte boucler la boucle.
Tout cela est fort bien, mais ce même documentaire survient à un bien étrange moment: non seulement s’agit-il de l’un de ces films où les principaux intéressés sont carrément absents – Romero est mort en 2017, près de 20 ans après l’échec de ce projet –, mais où l’on emprunte de bien tortueux chemins pour finir par nous dire que le studio ne voulait pas proposer un film excessivement gore, comme le souhaitait le célèbre réalisateur, mais plutôt quelque chose de plus grand public. D’où la fin de cette collaboration.
Mais est-ce vraiment là la raison qui explique ce divorce? Encore une fois, Romero est mort et enterré depuis des années, et personne de chez Constantin n’a accepté de témoigner devant la caméra.
Pire encore, devant le côté franchement bien mince de toute l’affaire – des divergences créatives en partie dictées par des impératifs financiers ne sont guère scandaleuses, en général –, on prend bien soin d’examiner en détail plusieurs versions d’un scénario qui a de toute façon fini aux poubelles.
A-t-on vraiment besoin de ces très longues minutes où rien ne se passe, à l’écran, et où on nous récite une longue série de points finalement peu importants? N’aurait-on pas pu, au moins, nous créer des storyboards, pour l’occasion? Bien franchement, à moins de ne vouloir s’adresser qu’aux puristes qui connaissent très bien Romero et Resident Evil, on aurait pu retrancher une vingtaine de minutes à ce documentaire sans en gâcher le plaisir.
Malgré ses longueurs, George Romero’s Resident Evil demeure une oeuvre intéressante pour mieux comprendre les nombreux liens entre les films de zombies et la déferlante de jeux vidéo qui suivi le tournage de films iconiques, notamment, bien sûr, ceux du défunt maître des morts-vivants.
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