Dans un monde postapocalyptique où l’eau potable vaut plus que son pesant d’or, des communautés de survivants tentent, tant bien que mal, de retrouver une vie normale. Mais une jeune femme, forcée de quitter les siens, sera confrontée à l’un des pires aspects de la nature humaine.
Dans The Well, présenté dans le, cadre du festival Fantasia, le réalisateur Hubert Davis consacre la fameuse expression: « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. » Car, dans la foulée d’une nébuleuse succession d’événements, l’accès à l’eau propre devient soudainement un grand luxe.
S’agit-il des suites d’une catastrophe environnementale? Un cas de pollution industrielle incontrôlable? Nul ne le sait; ce qui est indiqué, c’est que trouver de l’eau non contaminée relève du miracle. Et que boire une eau impropre entraîne rapidement une maladie mortelle et contagieuse.
C’est dans ce contexte particulièrement difficile que Sarah doit quitter le domicile familial afin de trouver de quoi réparer le filtre permettant à leur puits de fournir une eau claire et bonne à boire. Elle tombera, en cours de route, sur un autre groupe de réfugiés, moins fortunés, qui n’hésiteront pas à utiliser la violence pour parvenir à leurs fins.
Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie, disait-on, et cette volonté de se replier sur soi, d’aller jusqu’à vouloir tuer pour protéger nos maigres possessions, notre « style de vie », est une preuve qu’il ne faut pas gratter le vernis de la civilisation pendant trop longtemps, avant de voir réapparaître un tribalisme primal.
Tout cela est fort bien, et même si le sujet a été abordé à des dizaines, voire des centaines de reprises, il y a toujours quelque chose de plus à creuser, à analyser. Car c’est de la nature humaine, dont il s’agit. Et cette nature sera toujours à la fois évidente et mystérieuse.
En ce sens, The Well propose un point de vue doux-amer, quelque chose qui ressemble davantage, peut-être, à la version littéraire de Children of Men, plutôt qu’à sa déclinaison cinématographique.
Sauf que… eh bien, on aura beau adopter une approche minimaliste, il y a toujours des limites au travail que l’imagination peut accomplir, lorsque l’on regarde un film. « On ne veut pas le savoir, on veut le voir », indique cet autre adage populaire. Et outre quelques voix off, au début du long-métrage, et quelques vagues commentaires, ici et là, on n’a franchement aucune idée des circonstances ayant fait en sorte que l’eau est devenue ou imbuvable, ou extrêmement rare.
Déjà que l’on doit franchement faire abstraction de la réalité, en tenant pour acquis que des survivants réussissent à s’en sortir, sans vrai accès à l’eau potable, si en plus, nous devons uniquement nous appuyer sur un contexte flou, et que cette histoire de survie postapocalyptique a été racontée encore et encore… Il ne faut pas nous étonner de trouver The Well quelque peu ennuyant.
Film intéressant, mais film qui manque clairement de moyen, The Well n’arrive malheureusement pas à se démarquer de la pléthore d’oeuvres similaires qui racontent toutes un peu la même chose. C’est bien dommage!





