Come Play: la terreur de l’autre côté de l’écran

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Racontant l’histoire d’un enfant autiste qui devient la proie d’un monstre se cachant derrière les écrans des téléphones intelligents et des tablettes, le film d’horreur Come Play est maintenant disponible en Blu-ray et DVD.

Oliver, un jeune autiste ayant des troubles de langage, ne s’exprime que par le biais d’une application sur son téléphone intelligent. Non seulement est-il la victime des railleries des autres enfants à l’école, mais sa condition a aussi semé la bisbille entre ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler et sont sur le point de se séparer. Un jour, sans qu’il ne l’ait téléchargé, un étrange livre électronique apparaît sur son appareil. Intitulé Misunderstood Monsters, l’ouvrage raconte l’histoire de Larry, un monstre qui n’a pas d’amis parce qu’il est différent. Le garçon n’a même pas lu deux pages lorsque des phénomènes inquiétants se manifestent. Les portes s’ouvrent par elles-mêmes, les lumières vacillent, et les ampoules de la maison explosent. Rapidement, le garçon découvrira que la créature, tapie derrière les écrans, cherche à le ramener dans son monde, mais comment alerter ses parents quand on n’arrive même pas à parler?

La pochette du boîtier

Les nouvelles technologies suscitent une certaine méfiance auprès du public, et ces appréhensions, fondées ou pas, finissent souvent par alimenter les scénaristes de films d’horreur. S’appuyant sur les craintes des parents de voir leur enfant tomber entre les griffes d’un prédateur sur Internet, sur l’omniprésence des écrans dans la vie des jeunes et la solitude engendrée par un trop grand nombre d’heures passées dans le monde virtuel au détriment de contacts sociaux réels, Come Play est un bon exemple de ce phénomène. Au lieu d’avoir recours à des torrents de sang et de la violence graphique, le réalisateur Jacob Chase opte plutôt pour une atmosphère subtile et teintée de surnaturel pour susciter l’effroi, et à plusieurs égards, son long-métrage évoque une version largement inférieure de The Babadook, où le monstre serait issu d’un livre électronique plutôt que d’un bouquin en papier.

En plus d’une ambiance de plus en plus sinistre, la réalisation de Come Play contient quelques touches visuelles fort intéressantes. Certaines scènes par exemple montrent le visage du garçon comme si on se trouvait à l’intérieur de son téléphone intelligent. Lors d’une visite dans un magasin d’électronique, toutes les tablettes s’allument à son passage, et des journaux soufflés par le vent esquissent les contours d’une forme invisible dans une autre séquence. Conçu et fabriqué par le Jim Henson’s Creature Shop, le monstre est lugubre à souhait, avec son corps décharné, démesurément étiré, et d’une blancheur cadavérique. La créature évoque d’ailleurs le Slender Man, une création issue du « creepypasta », une forme d’horreur associée à l’Internet. Le film a aussi l’intelligence de ne jamais le montrer complètement, sinon de manière très fugace, ce qui augmente encore son efficacité.

Image tirée du film

Sans être un huis clos, ce drame surnaturel intime (ou économe diront les mauvaises langues), compte assez peu de personnages et de locations différentes. Dans le rôle principal du garçon autiste, le jeune Azhy Robertson est très expressif, et il parvient à transmettre l’émotion par son visage et son attitude, sans aucune ligne de dialogue, ce qui constitue un tour de force pour un comédien de son âge. On ne peut malheureusement pas en dire autant des autres enfants de la distribution, dont le niveau de jeu est plutôt inégal. Incarnant la mère torturée d’Oliver, Gillian Jacobs (The Box, Community) livre une performance honnête sans beaucoup d’éclat, et jouant son père, John Gallagher Jr. (The Newsroom, Westworld) est un peu sous-exploité, et n’a que peu d’occasions de montrer l’étendue de son talent.

La version haute-définition de Come Play maintenant disponible inclut le long-métrage sur un disque au format Blu-ray, ainsi qu’un code pour télécharger une copie numérique. Ceux et celles qui auraient souhaité en apprendre davantage sur la genèse du projet, les coulisses du tournage ou les étapes de la conception du monstre par le Jim Henson’s Creature Shop seront toutefois déçus, puisqu’on ne retrouve aucune forme de matériel supplémentaire sur l’édition.

Come Play est loin d’être le film d’horreur de l’année, mais les inconditionnels de cinéma de genre, qui ont peu de nouveautés à se mettre sous la dent en cette période de pandémie, apprécieront tout de même sa subtilité, et sa façon de mettre en scène les peurs suscitées par les nouvelles technologies.

6/10

Come Play

Réalisation et scénario : Jacob Chase

Avec : Azhy Robertson, Gillian Jacobs, John Gallagher Jr., Winslow Fegley, Jayden Marine, Gavin MacIver-Wright, Dalmar Abuzeid, Ebony Booth et Rachel Wilson

Durée : 96 minutes

Format : Blu-ray (+ copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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