Martin Matte s’éclate avec Les beaux malaises 2.0

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Parfois, il faut s’avoir s’arrêter au bon moment, et c’est ce que Martin Matte avait compris en mettant fin à son immense succès télévisuel qu’est Les beaux malaises. Probablement incapable de rester en suspens face à la pandémie, voilà que le célèbre humoriste a surpris tout le monde en annonçant qu’il effectuerait finalement un retour au petit écran. Basé sur les trois premiers épisodes de dix présentés aux médias, on peut toute de suite admettre que les fans de la première heure risquent difficilement d’être déçus.

Repoussant continuellement ses propres balises et enrichissant significativement son univers, la troisième saison de la série de Martin Matte était aisément sa meilleure ce qui a rendu « La grande finale » particulièrement décevante, tellement elle semblait précipitée et inférieure à ses meilleurs moments ou même à sa moyenne habituelle.

Histoire de ne pas trop tomber dans la redite, voilà que Matte s’offre une ligne directrice plus concise pour ce retour renommé pour l’occasion Les beaux malaises 2.0. Suivant encore de plus près les pas de Larry David et son fabuleux Curb Your Enthusiasm (qui lui aussi a après tout fait son grand retour il y a quelques années, après une longue pause), Martin Matte se sépare de sa conjointe fictive Julie (encore interprétée avec autant de plaisir par la savoureuse Julie Le Breton) et la saison s’amusera visiblement avec toutes les répercussions que cette décision aura sur notre protagoniste et son entourage.

Le Breton n’est d’ailleurs pas la seule à se replonger avec un bonheur palpable dans cet irrésistible univers, puisque tous reprennent avec un malin plaisir les traits les plus caractéristiques des personnages que le public a appris à apprécier au fil des ans. Si Patrice Robitaille, Martin Perizzolo, Émilie Bierre, Fabien Cloutier et compagnie sont encore fidèles à eux-mêmes, Michèle Deslauriers continue de se surpasser dans ce rôle désormais iconique qu’est la mère fictive, frivole et indomptable de Martin.

Par ailleurs, ne faites pas le saut, Édouard Tremblay-Grenier est effectivement un nouveau venu, reprenant le flambeau de Charles-William Ross dans le rôle de Léo, le fils fictif de Martin et Julie.

C’est que Matte a pris la décision de se lancer entièrement dans le pari fictif de cette série qui s’amuse malgré tout avec cette réalité alternative, situant la série cinq ans après la fin du dernier épisode (alors que seulement quatre ans se sont réellement écoulés). Du coup, aucun clin d’œil à la pandémie et tout y est absolument « normal » dans le contexte, du moins dans les trois premiers épisodes.

Bien sûr, il faut se remettre dans l’esprit de la série, ce qui n’est pas très compliqué surtout avec ces délicieux dialogues et ces situations tordues (vous êtes assurés d’avoir au moins un fou rire par épisode, rassurez-vous, dont une scène complètement démente avec Christiane Pasquier) et on ramène des running gags tout en conservant en intégrité le canevas général alors que l’arrivée de Robin Aubert derrière la caméra ne change pas grand-chose au style de la série. Le montage, la belle sélection musicale pour les fins d’épisodes, le générique, tout y est. On essaie aussi d’équilibrer ce qui a le mieux fonctionné par le passé, ce que le public a le plus retenu et un désir de repousser encore une fois les limites.

Les spectateurs auront donc le beau sourire avec de nouvelles tentatives de rénovations tout en se surprenant vers des détours profondément dramatiques pour traiter de sujets importants. Bien sûr, tout ne fonctionne pas toujours parfaitement, sauf qu’encore une fois, avec certitude, c’est le doigté de Matte et son équipe pour un désir plus méta (les citadins incapables de faire la distinction entre la fiction et la réalité notamment) qui provoque les plus belles surprises et les meilleures trouvailles de cette nouvelle saison, incluant un savoir-faire toujours plus astucieux pour donner pratiquement envie d’atteindre les blocs publicitaires pour voir comment on nous y amènerait (qui aurait cru qu’on écrirait cela un jour!).

Enfin, il reste encore plus de la moitié des épisodes de ce retour très attendu à savourer, mais basé sur ce qui a été présenté et en sachant qu’il y a certainement encore plus de surprises et de cameo à découvrir, c’est avec un plaisir certain qu’on les écoutera alors que toute l’équipe montre sans mal qu’ils n’avaient certainement pas dit leur dernier mot et qu’ils ont encore de très belles choses à nous montrer pour nous divertir avec qualité.

Les beaux malaises 2.0 débute ce mercredi 27 janvier à 21 h sur les ondes de TVA.
Le deuxième épisode sera disponible en exclusivité sur TVA+ tout de suite après la diffusion, à 21 h 30.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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