Terrorisme nucléaire pour la sixième saison de Strike Back

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Grâce à une réalisation de qualité n’ayant rien à envier aux blockbusters à grand déploiement et à une facture adulte, à mi-chemin entre The Expendables et Mission Impossible, la sixième saison de Strike Back, disponible depuis peu en Blu-ray et DVD, comblera les mordus d’action.

Lorsque le corps sans vie du caporal Davis, un officier britannique à la recherche d’un avion russe abîmé dans la mer de Chine (et surtout de l’ogive nucléaire qui se trouvait à bord) est découvert en Malaisie, le gouvernement anglais dépêche sa Section 20, une escouade de choc du renseignement militaire, à Kuala Lumpur afin de localiser l’arme de destruction massive. Une fois sur place, les agents apprennent que les Triades sont en possession du missile, avec lequel ils auraient fabriqué deux mallettes nucléaires qu’ils s’apprêtent à vendre à un mystérieux acheteur, connu sous le nom de « Kingfisher ». S’agit-il d’une personne, d’une organisation, d’une opération? Forcée de faire équipe avec Katrina Zarkova, une espionne russe, la Section 20 entamera une terrible course contre la montre à travers la planète pour stopper non pas une, mais deux bombes sales, menaçant de faire des dizaines de milliers de victimes.

La pochette du boîtier

Lors de sa cinquième saison, Strike Back a osé quelque chose que peu de séries télévisées se permettent, soit remplacer l’ensemble des personnages que l’on suivait depuis le début par une tout autre équipe, entièrement composée d’inconnus. Bien que l’émission continue de miser sur la rivalité amicale entre un Britannique, le sergent Thomas McAllister (joué par Warren Brown) et un Américain, le sergent Samuel Wyatt (Daniel MacPherson), travaillant tous deux pour la même agence de renseignement militaire, ce « reboot » n’est pas parvenu à reproduire la dynamique qui existait entre Michael Stonebridge et Damien Scott, les héros originaux, et qui rendait le tout plus sympathique et humain qu’une simple succession d’action. Malheureusement, même après avoir visionné cette sixième saison, il demeure difficile de s’attacher à la nouvelle mouture de la Section 20.

À l’exception de sa distribution, Strike Back n’a à peu près rien changé à sa formule, et cette sixième saison propose encore une intrigue d’envergure internationale s’étendant sur les dix épisodes, et prenant place aux quatre coins du globe (Chine, Malaisie, Indonésie, Pakistan, Philippines, Azerbaïdjan, etc.). Si ses poursuites effrénées en voiture, ses innombrables fusillades, ses combats au corps à corps et ses explosions spectaculaires n’offrent rien de bien original, elles sont toutefois magnifiquement exécutées. Chaque épisode est comme un petit film, et en plus d’être exquise, la direction photo produit un agréable dépaysement, en utilisant pour décor des villes comme Jakarta, Kuala Lumpur ou Hong Kong, plutôt que New York ou Los Angeles. Il s’agit toujours, et de loin, de la série d’action la mieux réalisée du petit écran.

Image tirée de la série

Parmi les quelques nouveautés de cette sixième saison, on remarque l’arrivée de l’actrice Yasemin Kay Allen, interprétant l’espionne russe Katrina Zarkova, ainsi que celle de Jamie Bamber (Battlestar Galactica) dans le rôle du nouveau patron de la Section 20. Malgré la présence d’agents féminins capables de botter des culs, le ton de la série reste macho et rempli de testostérone, et pour la toute première fois, l’émission adresse finalement l’éléphant dans la pièce, en soulevant les problèmes diplomatiques engendrés par cette unité britannique n’ayant aucune juridiction pour faire usage de la force dans la plupart des pays où elle mène des opérations. On apprécie aussi la façon dont l’intrigue reflète la situation géopolitique actuelle, avec en toile de fond le conflit entre l’Ukraine et la Russie.

Le coffret Strike Back: Season Six contient dix épisodes d’environ quarante-cinq minutes chacun sur deux disques au format Blu-ray, et inclut également un code pour télécharger une copie numérique, ce qui est en voie de devenir la norme. Au lieu d’une seule revuette, chaque épisode s’accompagne de son propre « Making Of » intitulé Declassified, où les acteurs et réalisateurs approfondissent les thèmes abordés et partagent des anecdotes de tournage lors d’entrevues vidéo entrecoupées d’extraits.

Même si l’absence de Damien Scott et de Michael Stonebridge, les protagonistes originaux de la série, se fait encore sentir, Strike Back: Season Six continue d’être la mieux réalisée, et la plus cinématographique, de toutes les séries d’action du petit écran.

7/10

Strike Back : Season Six

Réalisation : Bill Eagles, Paul Wilmshurst, Steve Shill, Mark Everest

Scénario : Jack Lothian, Steven Lally et Chris Cornwell (d’après le roman de Chris Ryan)

Avec : Warren Brown, Daniel MacPherson, Alin Sumarwata, Yasemin Kay Allen, Jamie Bamber, Alec Newman et Varada Sethu

Durée : 474 minutes

Format : Blu-ray (2 disques+ copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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  1. Pingback: Critique Strike Back: Season Six - Patrick Robert

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