Tout le monde aime Bruce Willis, et c’est tant mieux

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Rose Century vit un enfer. Coincée dans un star système qu’elle abhorre, elle est tiraillée entre une famille qui l’ostracise et des producteurs qui souhaitent davantage l’emmener au lit que la faire tourner dans de grands films. Dans son roman Tout le monde aime Bruce Willis, Dominique Maisons livre ainsi une étrange charge contre le sexisme et la misogynie qui gangrènent encore la société du spectacle.

Ce livre, c’est surtout une série de malheurs qui s’abattent sur la tête de cette jeune vedette de cinéma. Projets inintéressants, interviews désagréables, producteurs ou réalisateurs aux mains baladeuses, ou encore un père impérial à qui l’on ne refuse rien, pas même les gestes les plus ignobles; bref, rien pour empêcher le lecteur de ne pas ressentir une certaine angoisse à la lecture de la lente désintégration de la vie de la jeune femme.

Le roman effectue pourtant alors une coupure nette, nous transportant dans un lieu gardé secret où des ouailles, contrôlées par de puissants médicaments, sont sous le contrôle d’un prédicateur d’opérette, rouflaquettes et intentions peu catholiques en prime. Du glamour d’Hollywood, on passe ainsi à une sorte de culte où les « pensionnaires » sont en fait des prisonniers. Nouveau décor, nouveau narrateur… s’agit-il d’une nouvelle histoire? Dominique Maisons multiplie ici les pirouettes scénaristiques en accolant une histoire franchement abracadabrante à un univers déjà particulièrement retors.

Sans vouloir tomber dans les divulgâcheurs, on ne sait trop que penser de ce Tout le monde aime Bruce Willis. Si les intentions de l’auteur sont claires dès le départ – et celui-ci y ira même d’une petite morale en fin d’ouvrage –, on se demande pourquoi l’écrivain invente un scénario franchement loufoque pour justifier une trame narrative qui s’en allait joyeusement dans les ténèbres avant le changement de décor.

En fait, cette deuxième partie s’avère pratiquement plus intéressante que l’histoire de Rose. Personne n’est contre la vertu, mais une actrice victime de sexisme et dont le père est vicieusement contrôlant, c’est malheureusement du déjà vu. Peu importe si l’auteur a les meilleures intentions du monde.

Tout le monde aime Bruce Willis suscite tout de même une certaine curiosité. Rien de maladif ou d’assez puissant pour se ruer chez le libraire, mais si le roman se retrouve en bibliothèque ou en usagé, pourquoi ne pas tenter votre chance?


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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