Deux morceaux de robot pour Tyler: Model 005

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Permettant de voir le monde à une autre échelle grâce à son robot miniature, le jeu de plateformes Tyler: Model 005 possède beaucoup de personnalité et de charme, mais est-ce suffisant pour faire oublier ses problèmes techniques?

Bien qu’il existe une grande quantité de jeux de plateformes, Tyler: Model 005 injecte sa propre personnalité au genre, en nous laissant incarner un robot miniature, pas plus grand qu’une figurine de douze centimètres, qui, après s’être mystérieusement éveillé dans l’atelier désert de son créateur un beau jour de 1955, tentera d’en apprendre davantage sur ses origines. Pour ce faire, Tyler se lance à l’exploration des différentes pièces de la maison, mais le petit automate devra tout d’abord réussir à s’extirper du sous-sol, ce qui représente un exploit quand on a cette taille.

Pour compliquer la situation, Tyler est alimenté par la lumière. Comme elle est déserte, la maison est majoritairement plongée dans l’obscurité, et si le robot reste trop longtemps dans la noirceur, sa pile se vide et la partie est finie. Il faut donc sans cesse trouver des sources lumineuses pour recharger sa jauge d’énergie, et cette mécanique ajoute une bonne dose d’urgence à ce qui n’aurait pu être qu’une expérience cérébrale. Dans la plupart des tableaux, on cherchera tout d’abord à allumer les lampes, les téléviseurs et les plafonniers avant de s’adonner à l’exploration en tant que telle.

Image tirée du jeu

On affronte des araignées, des fourmis et d’autres insectes dans Tyler: Model 005, mais le combat à un seul bouton, qui consiste à maintenir la gâchette de la manette enfoncée pour voir l’automate asséner de peine et de misère un coup aux deux-trois secondes, n’est vraiment pas satisfaisant. Les choses s’améliorent un peu lorsqu’on finit par se procurer une arme, mais pas de beaucoup. Au fil de l’expérience accumulée, on reçoit des boulons, avec lesquels on peut augmenter sa vitesse, son agilité, la capacité de sa pile, ou sa consommation d’énergie, et chaque tableau cache des tonnes d’objets permettant de personnaliser l’apparence de son robot.

Tyler est doué de talents acrobatiques assez étonnants pour un robot, et il saute, escalade, ou court sur les murs avec autant d’agilité que le héros de Prince of Persia, ce qui facilite grandement l’exploration. Par contre, plusieurs puzzles nécessitent l’utilisation d’objets (empiler des boîtes pour grimper sur un meuble, déplacer un livre pour maintenir un mécanisme enfoncé), mais les mécaniques pour sélectionner et positionner les items manquent énormément de précision. Au final, ces puzzles deviennent frustrants, uniquement parce que les contrôles répondent mal.

Image tirée du jeu

En nous laissant incarner un héros de quelques centimètres à peine, Tyler: Model 005 propose un point de vue très intéressant, et inédit, sur le décor familier d’une maison typique. Les visuels reprennent l’esthétique rétro des années 1950, et les rendus affichent plusieurs effets volumétriques intéressants, comme une brume poussiéreuse dans la plupart des pièces. Même si on contrôle le positionnement de la caméra, on n’a pas toujours le temps de le faire dans le feu de l’action, et laissée à elle-même, la caméra a le don de se placer dans de drôles d’angles qui nous empêchent de voir correctement. Les cinématiques sont aussi parfois saccadées.

Jeu de plateformes et d’exploration dans la lignée de Little Nightmares, Tyler: Model 005 contient plusieurs excellentes idées, mais malheureusement, une exécution qui laisse à désirer nous empêche d’en profiter pleinement, en plus de rendre l’expérience inutilement frustrante par moments.

6/10

Tyler: Model 005

Développeur : Reversed Interactive

Éditeur : Maximum Games

Plateformes : Windows, Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (texte à l’écran seulement)


Autres contenus:

La croisade futuriste de Warhammer 40,000: Inquisitor – Martyr

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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