Space Hulk: Deathwing, Enhanced Edition – Un an plus tard, un jeu réussi

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Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage? Soucieux de corriger les nombreuses lacunes de la première version de leur titre, voilà que les développeurs de chez Streumon Studio viennent tout juste de lancer une version améliorée de leur jeu de tir à la première personne Space Hulk: Deathwing. Et le résultat est fort satisfaisant.

Tout comme dans la précédente itération publiée par Focus Home Interactive, le jeu permet au joueur de se glisser dans la peau d’un Terminator, une unité d’élite des Space Marines de l’univers Warhammer 40K. Dans cet univers où il n’y a plus que la guerre, voilà qu’une escouade de ces machines blindées abritant un homme modifié génétiquement pour en faire un supersoldat géant prend pied à bord d’un « Space Hulk », un amas d’épaves dérivant dans l’infini néant de l’espace.

Pourtant, loin à l’intérieur de cette épave, entre divers vaisseaux depuis longtemps oubliés, semble se trouver certains des secrets du chapitre (sorte de branche des Space Marines, en quelque sorte) auquel appartiennent nos héros. Afin de mettre au jour ces artefacts du chapitre des Dark Angels que l’on croyait perdus à tout jamais, il faudra donc naviguer et déjouer les pièges et les dangers qui foisonnent dans les corridors étroits et les halls caverneux.

Car dangers il y a, bien sûr. Outre quelques tourelles de défense automatisées, la menace la plus importante est celle des Tyrannids, une espèce insectoïde mortellement dangereuse, dont les innombrables représentants sont en mesure de récupérer, puis corrompre le code génétique de leurs ennemis pour en créer d’horribles copies déformées toujours plus létales.

Tel que mentionné au moment de la sortie du titre, en décembre 2016, Deathwing est visuellement superbe. Passages oppressants évoquant le Nostromo d’Alien, salles gigantesques à l’image d’églises consacrées à cet étrange mélange d’admiration et de culte voué à l’empereur des Hommes ou à d’autres figures mythiques des Space Marines, salles corrompues par la présence pestilentielle des Tyrannids… Les développeurs nous en font voir de toutes les couleurs en tentant de représenter la dualité intrinsèque à l’ordre impérial humain, où les technologies anciennes ne sont maintenues en état de marche qu’à l’aide d’un mélange de savoir ancestral et de rituels davantage religieux que techniques. Ajoutez à cela une armée de supersoldats ressemblant à des anges vengeurs, et vous obtenez une transposition futuriste des Croisés du Moyen-Âge.

Tout cela se trouvait bien sûr dans la première version du jeu. Ce qui ne s’y trouvait pas, toutefois, c’était une optimisation de l’engin graphique et des capacités techniques. Ralentissements injouables, touches qui cessent simplement de fonctionner, instabilité… tous les ingrédients étaient réunis pour provoquer une vive frustration. À un point tel, en fait, qu’après avoir tant bien que mal persévéré pour atteindre environ le tiers de la campagne, ce journaliste avait rangé le jeu quelque part dans un coin de sa bibliothèque Steam pour ne plus y toucher.

Rédemption stellaire

Et donc, la nouvelle version efface-t-elle les tares de l’anciennes? Oui… et non. Oui, dans le sens où le jeu est maintenant jouable – ce qui est en soit une nette amélioration; les mouvements sont plus fluides (autant que puissent l’être ceux d’un tank humain), le jeu tourne bien, les temps de chargement ont été réduits… Bref, on a enfin l’impression de pouvoir pleinement vivre l’expérience d’un Space Marine explorant une dangereuse épave spatiale dans le fin fond de l’univers.

Malgré toute l’attention apportée aux petits détails et à l’amélioration de la performance du jeu, on note encore certains ralentissements aux moments où les monstres sont particulièrement nombreux. Est-ce la faute aux effets liés à l’utilisation des nombreuses armes, ou au poids technologique de l’explosion des diverses carcasses des ennemis? Si ces ralentissements sont rares, ils peuvent toutefois s’avérer agaçants.

Autrement, la difficulté du jeu demeure particulièrement élevée, surtout lorsque l’on tente l’aventure à plusieurs. Car si l’intelligence artificielle est relativement bien développée, c’est en équipe, avec quelques compagnons, que l’on mesurera mieux toute l’ampleur de cette tâche herculéenne consistant à tuer des centaines, voire des milliers d’ennemis. Ennemis qui, d’ailleurs, auraient gagné à être davantage diversifiés. Des méchants relativement génériques qui foncent droit sur le joueur, c’est bien, mais des méchants diversifiés qui utilisent des tactiques autres que « foncer dans le tas », ce serait encore mieux.

Le jeu vaut-il les 40$ réclamés sur Steam? Cela reste à voir. Si l’on n’a jamais acheté l’original, probablement. On en tirera certainement plusieurs heures de plaisir. Un plaisir peut-être un peu plus niché, certes – ce n’est pas, ici, un simple mode « zombies », comme ceux qui pullulent dans les jeux de tir, après tout, mais une transposition d’un univers particulièrement complexe et chargé de symboles -, mais un plaisir assuré et certainement assumé. À essayer, donc. Pour l’Empereur!

Space Hulk: Deathwing, Enhanced Edition

Développeur: Streum on Studio

Éditeur: Focus Home Interactive

PlateformeWindows et PlayStation 4 (testé sous Windows)

Interface et sous-titres disponibles en français (pistes audio en anglais uniquement)


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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