Space Hulk: Deathwing, la mort en l’an 40 000

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Hugo Prévost

La franchise Warhammer 40K, propriété de Games Workshop, profite depuis quelques années d’une véritable renaissance dans le secteur des jeux vidéo. Stratégie au sol ou dans l’espace, action, jeu de rôle… les studios se précipitent au portillon pour assurer une production régulière de titres, titres dont la qualité est malheureusement très variable.

C’est donc dans un marché de plus en plus saturé que débarque Space Hulk: Deathwing, jeu de tir à la première personne développé par Streum on Studio et Cyanide, et édité par Focus Home Interactive. Dans la peau d’un Space Marine membre de la redoutable compagnie Deathwing du chapitre des Dark Angels, le joueur devra, seul ou en mode coopératif, explorer un gigantesque assemblage d’épaves spatiales dérivant dans le sombre infini pour y découvrir des secrets que plusieurs voudraient bien garder enfouis dans les limbes du temps.

À bord de ce Space Hulk, toutefois, se trouvent déjà des représentants de l’une des plus violentes et dangereuses espèces affrontant l’humanité dans ce 40e millénaire: les Tyrannids. Vicieux, rapides, voraces, ces croisements entre l’alien des films du même nom et les morts-vivants de Left 4 Dead surgissent au hasard des corridors, prenant bien souvent le héros et son escouade par surprise et tentant de les submerger par la seule force de leur nombre.

Space Hulk: Deathwing tente de recréer, le mieux possible, le « réalisme » de l’univers Warhammer 40K. Après tout, être un supersoldat de plus de deux mètres de haut engoncé dans une armure pesant au-delà d’une tonne a une incidence sur la liberté de mouvement des personnages. Face aux hordes d’envahisseurs extraterrestres, les soldats humains sont lourds et patauds. Les mouvements doivent être prévus légèrement en avance pour s’assurer que les coups portés fassent effectivement mouche. Idem pour la course: s’il est possible de faire quelques pas plus rapides, impossible de s’enfuir à toutes jambes face à un danger mortel.

Heureusement, les Space Marines compensent cette lourdeur par leur puissance. N’entre pas au service de l’Empereur immortel qui veut, et ces soldats de choc sont de véritables machines à tuer. Armes à feu toujours plus puissantes, épées ou masses énergétiques transformant les ennemis en bouillie, l’arsenal regorge d’options pour venir à bout des adversaires de l’humanité. Ou si rien de cela ne fonctionne, il est toujours possible de prendre son élan pour foncer directement dans un extraterrestre hurlant, à défaut de lui asséner un coup de poing blindé en plein visage.

Visuellement, le jeu impressionne. Les décors alternent entre corridors étroits favorisant la claustrophobie et salles gigantesques évoquant de titanesques cathédrales gothiques.  Ces vaisseaux rassemblés dans l’épave à explorer sont également très anciens: à preuve, cette patine que l’on retrouve un peu partout, cet éclat terne sur les murs et la machinerie, ces pièces tombées au sol ou encore ces carcasses rouillées d’appareils ayant servi il y a plusieurs siècles, voire plusieurs millénaires.

Même constat du côté des mécaniques de jeu: si les jeux coopératifs contre des hordes d’ennemis sont de plus en plus nombreux, avec entre autres Left 4 DeadRainbow Six: Siege et Killing Floor, Space Hulk: Deathwing reprend ici l’essentiel des bonnes idées de ses prédécesseurs pour les adapter à la sauce Warhammer 40K. Les diverses classes de personnages qui doivent travailler de concert pour parvenir à un objectif, les multiples armes aux effets différents, la possibilité d’utiliser le terrain à son avantage en décidant, par exemple, de verrouiller des portes derrière soi pour ralentir, voire bloquer l’ennemi… Sans oublier la possibilité de pirater ou détruire des défenses statiques pour renverser l’équilibre stratégique en quelques instants. Tout cela contribue à faire du jeu un titre complexe mais relativement facile d’approche, où les commandes se résument normalement à quelques touches, mais où l’essentiel consiste à pouvoir réagir à un changement rapide de situation sans perdre son sang-froid.

Un jeu publié trop rapidement

Voulait-on profiter de la période du temps des Fêtes pour maximiser les ventes? Les développeurs ont-ils subi une pression de la part de Focus Home Interactive pour que le jeu soit lancé le plus rapidement possible? Le constat est sans appel: Space Hulk: Deathwing a des allures de jeu toujours en phase de test. Plusieurs médias rapportaient que les phases alpha et beta du jeu avaient révélé l’existence de nombreux problèmes en termes de performances ou de bogues, et force est d’admettre que ces problèmes n’ont pas tous été réglés avant la sortie officielle, mercredi. Même avec une machine décente, le taux de rafraîchissement des images plonge habituellement lorsque les Tyrannids se lancent à l’attaque. Résultat, le jeu devient une séance de tir dans un tas de formes floues, alors que les tripes et le sang recouvrent l’écran et que l’on se fait tuer en quelques instants, incapable de réclamer assez rapidement des soins au médecin du groupe.

En jouant en ligne, on constate aussi qu’il peut arriver que les commandes ne répondent tout simplement plus après avoir activé une porte ou des contrôles quelque part sur le vaisseau. De Space Marine assoiffé de sang, on passe alors à l’état de morceau de chair et de métal servant de cible facile et gratuite pour les extraterrestres, et même le fait de mourir, puis d’être ressuscité par l’un de nos camarades n’y change rien.

Space Hulk: Deathwing est un jeu particulièrement intéressant dont la sortie aurait probablement dû être reportée au premier trimestre de 2017, le temps de s’assurer que les problèmes dont souffre le titre n’empêchent pas de profiter de son concept franchement bien exécuté. Les gens ayant déjà acheté le jeu en seront quittes pour attendre une mise à jour que l’on espérera rapide. Pour les autres, il est préférable d’attendre avant de débourser les 43$ réclamés sur Steam.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Un commentaire

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