Frostpunk et la survie par 40 degrés sous zéro

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C’est l’apocalypse: la planète a complètement gelé, détruisant la civilisation telle que nous la connaissons. Dans le nord du Royaume-Uni, quelques survivants tenteront de survivre tant bien que mal. Avec Frostpunk, il n’y a pas de bonne décision; simplement des façons plus ou moins douloureuses de retarder l’inévitable.

Développé et publié par 11 bit studios, Frostpunk se présente comme « le premier jeu de survie de société ». Jeu de mots sur l’appellation steampunk, soit l’utilisation de la vapeur comme agent moteur d’une civilisation technologiquement avancée, mais avec une esthétique victorienne – fonctionnant donc à l’aide de vapeur sous pression plutôt qu’avec du pétrole, et avec quantité de machinerie comportant moult rouages métalliques -, Frostpunk récupère l’aspect visuel, mais positionne le froid au centre de toutes les décisions qui seront prises par le joueur.

Au centre de cette ville perdue dans les glaces, la fournaise. Gigantesque, symbolique, rappelant quelque peu Moloch, la créature-machine de Metropolis dévorant les hommes, cette fournaise doit constamment demeurer allumée. Sinon, la température baissera et les citoyens finiront par mourir de froid.

Image tirée du jeu.

L’ennemi, ici, n’est en effet pas une race d’envahisseurs extraterrestres, ou une autre faction humaine. L’adversaire principal, c’est ce froid insidieux qui sape l’énergie de tous, qui pousse au désespoir, qui fait commettre les pires atrocités au nom de la survie. Car atrocités, il y aura: après tout, 11 bit studios est aussi derrière le puissant mais passablement déprimant This War of Mine, où l’on devait tenter de faciliter la survie d’un groupe de civils coincés à Sarajevo durant la Guerre de Bosnie. En tant que dirigeant omniscient, le joueur sera confronté à des dilemmes cartésiens. Au coeur de cette opposition entre le bien collectif et le bien individuel, on retrouve deux « échelles » qu’il faudra surveiller: le mécontentement de la population et son niveau de santé. Si le premier augmente trop, les citoyens se révolteront; si le second baisse trop, ce sera l’hécatombe. Dans les deux cas, la partie sera perdue.

Les puristes des jeux de gestion seront servis: outre la gestion des ressources, il faudra aussi penser à s’assurer que personne ne gèle, que les gens rendus malades par le froid soient soignés, que tous puissent manger, que tous puissent dormir, qu’il y ait suffisamment de travailleurs dans tous les bâtiments importants pour que ce microcosme social puisse continuer de progresser…

Pour les initiés, on se retrouve donc avec une version quelque peu extrême de Banished, qui n’était déjà pas particulièrement facile à gérer, particulièrement avec la gestion des différentes saisons. Cette fois, bien sûr, l’hiver est permanent, et certains épisodes de grand froid peuvent rapidement faire dérailler une stratégie qui fonctionnait jusqu’alors.

Franchement difficile, mais aussi franchement prenant, Frostpunk est un mélange particulièrement intéressant de mécaniques de gestion et de développement narratif qui devrait plaire aux amateurs des deux genres. À essayer, préférablement avec un bon breuvage chaud et des gants épais pour éviter les engelures.

Frostpunk

Développeur / éditeur: 11 bit studios

Plateforme: Windows (disponible sur Steam, GOG et Humble Bundle)

Jeu avec sous-titres français (piste audio en anglais)


En complément:

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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