De toutes les couleurs, avec de Blob 2

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Si vous n’avez pas eu l’occasion d’essayer de Blob 2 sur les consoles de génération précédente, vous pouvez maintenant vous rattraper, grâce à la version remasterisée du jeu qui vient tout juste d’être lancée.

Le méchant Camarade Noir et les armées de l’ENKR ont siphonné toutes les couleurs de Prisma City. La ville n’est plus qu’un amas de grisaille morne, la musique est désormais interdite, et les citoyens, jadis si animés, sont plongés contre leur gré dans des bassins d’encre noire, quand ils ne se font pas carrément laver le cerveau par les prêtres zélés de Papa Blanchiste. Seul le Blob, une petite créature capable de s’imbiber de gallons de peinture, peut ramener la couleur dans cet univers délavé, et libérer les Grisiens de leur joug monochrome.

Lancé originalement en 2011, de Blob 2 propose un concept simple et efficace. Tel une éponge, notre héros s’imbibe de peinture, et en touchant les bâtiments et le mobilier urbain, il redonne ses couleurs aux environnements, libérant du même coup les citoyens opprimés. En plus de colorer les décors, les éclaboussures de peinture font repousser l’herbe ou les feuilles des arbres, les citoyens dans notre sillage cessent d’agir comme des automates pour reprendre leurs activités, et la musique se fait entendre de nouveau. En fournissant une gratification visuelle et sonore immédiate, cette mécanique s’avère très satisfaisante.

Image tirée du jeu

Si la formule peut paraître simple de prime abord, de Blob 2 complique rapidement les choses, en nous obligeant par exemple à mélanger deux teintes primaires pour en obtenir une troisième. Il faut aussi peindre bon nombre d’objets d’une couleur précise, procéder au nettoyage de la ville, contrer les attaques des fanatiques de la secte de Papa Blanchiste, activer des leviers et divers mécanismes pour atteindre des zones inaccessibles, et trouver les points d’inspiration cachés un peu partout pour augmenter ses habiletés, le tout sous la pression constante d’un chronomètre.

La qualité des textures comme des rendus a visiblement été rehaussée, et l’expérience est d’une fluidité irréprochable. On apprécie les nombreux petits détails, comme la taille de notre Blob qui change en fonction de la quantité de peinture absorbée, ou les coulisses de couleur sur notre passage agissant comme un véritable sérum de vie. Malheureusement, les développeurs n’ont n’a pas réglé le problème qui criblait le jeu lors de sa sortie initiale en 2011, soit sa caméra, qui a le don de se placer dans de drôles de positions et d’obstruer la vue.

Image tirée du jeu

La douzaine de tableaux que compte de Blob 2 regorge d’activités, de défis à remplir, et d’objets à collectionner. On retrouve aussi un mode multi joueur local, permettant à deux personnes sur le même divan de traverser les niveaux de la campagne déjà complétés en solo. Malgré un enrobage coloré qui semble s’adresser aux plus jeunes, le titre aborde tout de même des thèmes très adultes sous le couvert de l’humour, comme le conformisme, le pouvoir des sectes, ou le totalitarisme, et derrière ses graphiques mignons se cache un niveau de difficulté redoutable, qui donnera même du fil à retordre au plus aguerri des joueurs.

Avec des mécaniques aussi originales qu’amusantes, de Blob 2 méritait certainement une deuxième vie, et cette version remasterisée constitue le prétexte parfait pour jouer (ou rejouer) à ce classique indémodable.

7.5/10

de Blob 2

Développeur / Éditeur : THQ Nordic

Plateformes : PS4 et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (texte à l’écran)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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