Samsara, ou l’art de se creuser les méninges

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Dans le domaine des jeux de réflexion, il est parfois difficile d’atteindre l’équilibre entre des casse-têtes trop faciles et un niveau de difficulté si élevé que le titre fait disparaître toute notion de plaisir pour y substituer une frustration malsaine. Samsara, un jeu de plateformes et de casse-têtes développé et publié par Marker Limited, représente une belle réussite du genre.

Malencontreusement passée dans le monde fantastique de Samsara – ce qui veut signifie « passer d’une existence à l’autre », en sanskrit – la jeune Zee devra trouver la sortie de cet univers étrange en franchissant divers niveaux et mondes remplis de casse-têtes en apparence simples, mais qui peuvent s’avérer passablement complexes.

L’idée centrale est relativement simple: en agençant divers blocs fournis en début de tableau, il faut guider Zee vers le portail de sortie. Ces blocs peuvent former des plans inclinés et des passerelles, quand il ne s’agit pas plus prosaïquement d’un simple bloc. Toutes ces pièces peuvent pivoter dans tous les sens, par tranche de 90 degrés; impossible, toutefois, de déposer un bloc dans un espace déjà occupé par un élément de décor, ou de le poser de guingois.

Image tirée du jeu.

Et c’est tout! Enfin, pas exactement: comme tout bon jeu faisant appel au cerveau, les situations ont tendance à se complexifier. Le changement le plus important survient lorsque l’on constate qu’il existe deux déclinaisons de Samsara, deux versions identiques mais opposées, à l’image d’un miroir, où notre personnage – et bientôt son double – peuvent circuler. Il faudra alors souvent penser « à l’envers » pour réussir un niveau, les blocs posés dans la version « inversée » affichant justement la position opposée à la « surface ». Bref, il y a là de quoi chercher parfois longtemps la solution à une énigme.

Cependant, point de situations artificiellement frustrantes dans Samsara: il n’existe qu’une seule solution à chaque problème, et celle-ci peut habituellement être découverte en quelques minutes. On n’est donc pas devant un Portal, ou encore un Antichamber. Et puisque le jeu est en deux dimensions, pas de risques de perdre son orientation. La situation est clairement énoncée devant le joueur; à lui d’y trouver la solution.

Clarté ne veut toutefois pas dire facilité: oui, une fois que l’on saisit le concept, certaines énigmes de Samsara peuvent s’avérer faciles à comprendre et à surmonter. Mais il finit toujours par survenir une situation où l’on engloutit une heure à faire pivoter des blocs pour tenter de mener Zee et son double à bon port. Et une fois la solution trouvée, on s’en voudra parfois d’avoir ignoré par hasard un détail crucial, une combinaison de placements de blocs en apparence anodine qui permet pourtant de passer à la suite.

Très joliment conçu, avec un niveau de difficulté suffisant pour justifier le temps que l’on y passera, Samsara mérite l’attention des amateurs de plateformes et de casse-têtes. À essayer.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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