Need for Speed: Payback, la panne d’essence

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Plongé dans une controverse à propos des microtransactions dans son récent titre Star Wars Battlefront II, l’éditeur Electronic Arts a pratiquement fait oublier qu’il lançait un deuxième titre en parallèle, lui aussi provenant d’une longue série: Need for Speed: Payback.

Les temps sont durs pour EA; nul doute que l’entreprise pourrait profiter d’un coup de bonne publicité. Surtout avec un titre qu’on présentait de toute façon comme ne disposant pas de microtransactions, de passes saisonnières donnant accès à du contenu privilégié, et offrant (supposément) un taux de rafraîchissement fixe à 60 images par seconde! Que demander de plus?

Malheureusement, les gens de chez EA et les développeurs du studio Ghost Games semblent soit avoir manqué de temps, soit avoir sciemment décidé de tourner les coins ronds: Payback est un jeu générique, ennuyant, mal optimisé et largement inférieur à plusieurs autres titres du genre, y compris d’autres itérations de la série Need for Speed.

Comment en est-on arrivés là? Commençons par le commencement: dans Payback, le joueur endosse le rôle de… hum, appelons-le Douchebag #1. Douchebag #1, donc, est impliqué dans le vol d’une voiture, vol au cours duquel il se fait trahir par sa partenaire. Il en reviendra donc à notre cher Douchebag, et à ses deux amis, de grimper les échelons du milieu interlope des courses de voitures pour éventuellement prendre sa revanche sur la chef du groupe ennemi.

Soyons honnêtes: les jeux Need for Speed n’ont jamais eu besoin d’une histoire. Une poignée de circuits, quelques voitures, des poursuites endiablées quand la police s’en mêle, et hop! Succès assuré.

Passe encore qu’on se retrouve donc avec un scénario aussi peu excitant qu’un cubicule beige – après tout, il est possible de sauter les cinématiques -, mais pourquoi Payback donne-t-il l’impression d’être sorti en 2005? Les rues sont vides, les décors sont dégarnis, les textures sont au mieux passables… De la part de l’une des plus grandes entreprises de l’industrie des jeux vidéo, était-il trop audacieux de s’attendre à un peu de couleur, à un peu d’audace? Après tout, on ne peut certainement pas reprocher à Battlefront II d’être laid; on peut lui reprocher bien des choses, mais pas sa qualité visuelle.

L’ordinaire blafard de Payback a-t-il quelque chose à voir avec le développement des versions pour console? Car oui, on a l’impression que les capacités des ordinateurs relativement modernes ont été laissées de côté. Ainsi, on ne compte plus les textures, les objets et même les voitures qui apparaissent subitement, alors qu’il serait relativement facile, avec un peu d’imagination, de dissimuler ce tour de passe-passe technologique.

Et ne parlons même pas du mode multijoueurs, où l’on se retrouve, avec sa voiture médiocre de début de partie à un joueur, contre des gens ayant eu amplement le temps d’acquérir des bolides dopés à la nitroglycérine. Impossible, alors, d’espérer autre chose que de se faire dépasser à loisir alors que l’on a pourtant la pédale au plancher.

Vous avez une rage de jeu de course automobile? Essayez Project Cars 2. Ou encore Burnout Paradise. Mais certainement pas Need for Speed Payback, un demi-effort gâché qui prouve encore une fois qu’EA est incapable de faire autre chose que de détruire des franchises.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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