Théâtre – Adaptation vaudevillesque d’histoires de famille scandinaves

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Le Théâtre de l’Opsis continue son cycle scandinave avec l’adaptation de la pièce Les enfants d’Adam de Audur Ava Olafsdottir.

Dans cette pièce, l’auteure islandaise particulièrement connue pour son roman Rosa Candida aborde la question du décalage de perception qui existe entre nous êtres humains. Et pour cela elle questionne le phénomène de la vieillesse. Qu’est-ce donc de vieillir? A quel moment devient-on vieux et le devenons-nous vraiment? Ou est-ce dans le regard de notre entourage que nous le sommes?

L’action se passe en Islande, mais elle pourrait tout aussi bien avoir lieu dans une maison au Québec. Une famille se réunit sous l’impulsion de leur vieille mère qui a quelque chose à annoncer, mais que personne ne laisse parler. Les enfants pensent savoir mieux qu’elle ce dont elle a besoin, à son âge, alors qu’elle rêve encore d’aventures… Est-elle en pleine divagation présénile?

Elle se remémore sa vie d’avant, ses amants. Adam feu son mari qui aimait tant les pommes de terre et s’enfermer dans son garage pour bricoler…

La pièce qui aurait pu être glaçante – on imagine qu’un ton très noir et une ambiance nordique stérile auraient bien pu être choisis – est adaptée ici comme un vaudeville. Si le fond du propos fait réfléchir, il est traité de manière assurément comique par Luce Pelletier, la metteuse en scène. Le ton grandiloquent aurait gagné à être plus modéré en début de spectacle pour nous faire profiter d’une progression dramatique, mais accompagne le comique de situation. Personne ne s’écoute, mais chacun croit en savoir plus sur les autres qu’eux-mêmes. Les textes sont savoureux et beaucoup d’efforts ont été mis sur la direction d’acteur. La distribution est impeccable, beaucoup de grands noms de la scène et du cinéma québécois se partagent le plateau et c’est réjouissant. La mère, interprétée par Dorothée Barryman est touchante dans toute sa fantaisie. Ce matin-là elle a des choses à raconter et à révéler et elle est bien décidée à ne pas se laisser intimider par ses enfants névrosés. Elle est libre et veut encore rêver. Et vivre.

Les enfants d’Adam

Au Monument National

Du 18 septembre au 8 octobre 2017

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À propos du journaliste

Mathilde Perallat

Mathilde Perallat vient de France, et plus particulièrement de Provence. Avant de s’installer à Montréal, elle a passé plusieurs années dans la capitale culturelle française où elle s’est nourrie de théâtre, de danse et de cirque en forte quantité – autant que de qualité. C’est aussi par sa propre pratique des arts du cirque, en tant que danseuse aérienne, qu’elle est tombée amoureuse des arts de la scène. Formée en sociologie et en gestion, et doctorante à Concordia dans une recherche sur le rôle social que peut porter le cirque, Mathilde s’inspire et nourrit son âme et son esprit de spectacles en tous genres tout en continuant à se forger un esprit critique, cette critique qui fait si bien la réputation de son pays, pour le meilleur et pour le pire. Elle sait néanmoins mettre de l’eau dans son vin (selon les circonstances) et tente de donner des avis qui mesurent regard personnel et mise en perspective, toujours dans une grande ouverture.

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