Fireside Games se la joue combattant du feu avec Hotshots

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Aucunement désireuse de s’asseoir sur ses lauriers, après la sortie récente de Munchkin Panic – un jeu de société visant la défense d’un château et combinant d’abord l’aspect collaboratif de Castle Panic, mais aussi les monstres, l’humour et les trahisons du jeu de rôle Munchkin -, l’entreprise Fireside Games récidive avec un nouveau titre intitulé Hotshots.

Dans ce nouveau titre à paraître à la fin septembre, « l’objectif est de combattre et éteindre des feux ravageant une forêt, mais surtout d’y parvenir en travaillant en équipe », indique Justin De Witt, responsable de la création chez Fireside Games. Ce dernier précise que la chance aura aussi son rôle à jouer dans la lutte contre les flammes: en effet, les joueurs devront non seulement s’entendre entre eux pour coordonner leurs efforts, mais aussi espérer que les lancers de dés leurs soient favorables.

Sur un territoire forestier comptant divers types de terrains – clairière, forêt dense, montagne, etc. – les joueurs forment des équipes de quatre pompiers ayant chacun un rôle spécifique. Pour l’emporter, il faudra se débarrasser de tous les foyers d’incendie, foyers qui ont une vilaine tendance à apparaître parfois au hasard. Gare, toutefois, aux dangers d’un incendie éteint trop lentement: à force de brûler, les cases formant le terrain peuvent calciner entièrement. Si huit de ces tuiles se transforment ainsi en scories, la partie est perdue. Idem si le camp de base des pompiers est lui aussi victime des flammes.

Le jeu tient ses origines des alentours de l’année 2010. « À l’époque, les jeux où il fallait tenter sa chance étaient très populaires, mais j’avais l’impression qu’il manquait quelque chose », mentionne M. De Witt. « En tant que concepteur, je voulais repousser mes limites, savoir si je pouvais inventer un système où les conséquences de ces jets de dés étaient vraiment importantes… Parce que dans la plupart des jeux avec un aspect « chance », il est uniquement question de pouvoir ou non gagner des points. C’est amusant, bien sûr, mais je voulais voir si j’étais en mesure de développer quelque chose de différent. »

« J’ai commencé à expérimenter avec l’idée de pénalités, et très rapidement, le concept de jeu coopératif avec des pénalités m’est apparue; cela a, à son tour, mené à un jeu de lutte contre les incendies. J’aimais l’idée du plateau de jeu devenant hors de contrôle, l’idée des joueurs combattant le plateau de jeu lui-même. Par contre, la mécanique de jeu englobant la question du jet de dés a pris, elle, bien du temps. »

C’est ce même temps qui a d’ailleurs nui à Hotshots, puisque c’est à cette même époque que Fireside Games a appris qu’un jeu similaire, développé par un concurrent, allait faire son entrée sur le marché. « Nous avons décidé de « tabletter » le jeu, et je suis plutôt parti travailler sur Dead Panic. Mais puisque cet autre jeu ne s’est jamais matérialisé, nous avons repris nos travaux quelques années plus tard, et nous avons changé plusieurs aspects du jeu. Voilà! », lance M. Justin De Witt.

Les problèmes rencontrés par l’équipe ne s’arrêtent malheureusement pas là; après l’impression de prototypes et quelques démonstrations couronnées de succès lors de conventions et autres événements de l’industrie, il appert que les pièces symbolisant les flammes ne correspondent en rien à ce que l’équipe désirait obtenir. Résultat: l’usine de fabrication, située en Chine, doit reprendre le travail. Hotshots, dont la sortie était prévue ce printemps, ne fera donc son apparition sur les tablettes des détaillants que le 20 septembre.

« Notre plus grand problème, lors des démonstrations? Les gens étaient fâchés de ne pas pouvoir acheter le jeu! », lance M. De Witt. « Le jeu a suscité des commentaires ridiculement positifs. Je crois que le fait que la mécanique de lancer de dés soit difficile et qu’il faille vraiment travailler de façon coopérative pour gagner plaît vraiment aux amateurs. J’ai eu l’occasion de tester le jeu avec de véritables pompiers, et ceux-ci m’ont dit apprécier la façon dont le vent entre en ligne de compte. Il est certain que Hotshots n’est pas une simulation, mais le feu prend de l’ampleur de façon quasi-organique, et cela leur a plu, tout comme une partie de la terminologie que nous employons et des tactiques et outils employés lors de la lutte anti-incendie, qui font là aussi leur apparition dans le jeu. »

Quand la politique s’en mêle

Les délais provoqués par la réimpression d’une partie des pièces s’accompagnent d’un autre obstacle: celui des tarifs douaniers qui pourraient être appelés à bondir entre la Chine et les États-Unis. Comme l’indique Justin De Witt, puisque la plupart des entreprises de jeu de société américaines (et cela est probablement aussi le cas au Canada) font imprimer leurs jeux en Chine, les rumeurs de possible guerre commerciale entre Pékin et Washington font craindre le pire. D’une certaine façon, la personnalité explosive et imprévisible du président américain Donald Trump a un impact sur le prix des jeux de société vendus dans la boutique au coin de la rue. Car une hausse des tarifs douaniers et des frais d’importation fera à coup sûr gonfler le prix à l’achat. Et la situation sera pire au Canada lorsque viendra le temps d’acheter des jeux d’entreprises de nos voisins du Sud, le taux de change venant lui aussi faire des siennes. « Si vous trouvez que les jeux sont chers en ce moment, attendez de voir! », mentionne M. De Witt.

Pour l’instant, toutefois, la panique n’est pas de mise. Du moins pas en ce qui concerne la sortie prochaine de Hotshots. Chez Fireside Games, on bien hâte de contenter tous ceux qui ont déjà essayé le jeu et qui en veulent plus, tout comme ceux qui sont curieux d’y jeter un oeil.

Et pour la suite? En entrevue, Justin De Witt parle déjà d’un autre projet tournant autour de monstres gigantesques s’affrontant dans une ville où les bâtiments pourront être réduits en poussière. À voir en novembre!

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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