Maestro s’amuse en DVD depuis mardi

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Jim Chartrand

Amusante comédie française qui dérape quand elle se prend trop au sérieux, le long-métrageMaestro fait comme bien des films s’amusent à le faire: il parle de cinéma.

Jocelyn Quivrin s’est inspiré de son expérience sur Les amours d’Astrée et de Céladon de Éric Rohmer, son dernier film, pour en faire un sympathique scénario se faisant plaisir dans les coulisses du cinéma. Tous deux sont morts, l’un en 2009 et l’autre au tout début de 2010, et c’est en voulant leur rendre hommage que Léa Fazer a adapté au grand écran le scénario de son jeune ami qui a joué dans deux de ses films.

Le fait est que Fazer, si elle sait diriger des comédiens et mettre sur pied une mise en scène potable, manque d’une signature précise pour que ses films soient justifiables. Au-delà de l’aspect hommage et lettre d’amour à l’art et à la vie, elle donne forme ici à un scénario dont elle ne connaît par les secrets et c’est cette impossibilité de profondeur qui empêche son film de pleinement s’émanciper.

Du coup, elle s’échappe avec un humour aisé, plus simpliste et cabotin, permettant à de talentueux acteurs de s’amuser sans jamais se dépasser. Comme quoi Pio Marmaï, la truculente Déborah François et le digne Michael Lonsdale se retrouvent surtout avec des stéréotypes comme personnages. Soit le cinéaste qui vit d’une autre époque, l’adulescent qui veut percer dans son domaine de rêve mais qui ne veut pas grandir et l’actrice en vogue qui ne voit pas la réalité au-delà de l’art qu’elle s’imagine comme étant la clé de tous ses problèmes. Certes, on tente de nuancer le propos en lui donnant une réflexion et une tendance vers quelque chose de plus humain et dramatique, mais l’effet est moins réussi que celui escompté, donnant plutôt l’impression d’alourdir le propos plutôt que de l’enrichir.

Comme quoi parler de cinéma n’est pas chose simple et que personne ne peut se prononcer Fellini ou Truffaut et nous refaire La nuit américaine, probablement le film le plus splendide, remarquable et inoubliable sur le sujet. Maestro demeure alors une comédie grand public qui fera sourire, mais qui se fera aussi vite oublier. On espère alors que le projet aura été pour sa conceptrice une bonne façon de faire son deuil, puisqu’à l’instar de son ami, si l’on en comprend une chose, c’est certainement son affection pour un médium qu’elle tarde encore à maîtriser.

5/10

Maestro est disponible en DVD au Québec depuis le mardi 19 janvier.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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