Planter des arbres est une solution, mais pas la solution

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Il y aurait suffisamment d’espace sur Terre pour planter 900 millions d’hectares d’arbres, l’équivalent de la superficie des États-Unis. Un projet pharaonique qui serait sûrement d’une grande aide pour lutter contre le réchauffement — mais qui ne serait pas « la meilleure » des solutions à notre disposition, comme les chercheurs, dans un élan d’enthousiasme, l’ont proclamé.

À la base, leur travail, paru jeudi dernier dans la revue Science, est presque un exercice mathématique: combien d’arbres supplémentaires notre planète pourrait-elle soutenir. Le total théorique de 900 millions d’hectares s’ajouterait donc aux actuels 2,8 milliards d’hectares, si on restaurait à peu près toutes les forêts perdues des derniers siècles, sans grignoter sur les terres agricoles ou les villes. Ces forêts supplémentaires, lit-on sous la plume des chercheurs de l’Université ETH de Zurich, en Suisse, pourraient absorber 205 gigatonnes de CO2, un chiffre qui a enflammé l’imagination

Le chiffre n’a pas été contesté par les critiques, ce sont ses implications qui l’ont été — « la meilleure des solutions ». Tout d’abord, note le climatologue Zeke Hausfather, une importante partie de ces gigatonnes serait de toutes façons absorbée par les sols, avec ou sans arbres, et par les océans. La reforestation est une stratégie essentielle, renchérit l’Australien Pep Canadell, directeur du Carbon Global Project, mais elle est une partie de la solution, pas « la » solution. S’il y a « une » solution prioritaire, calcule le Norvégien Glen Peters, c’est la réduction des émissions de CO2.

Et c’est sans compter le fait que même si on se mettait demain à planter tous ces arbres, il leur faudrait des décennies pour arriver à maturité…


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