The Crimes of Grindelwald, ou la généalogie du mal

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Les fidèles de J.K. Rowling et du monde d’Harry Potter ont de quoi se réjouir cette semaine, avec la sortie en Blu-ray, DVD et vidéo sur demande de The Crimes of Grindelwald, le second volet de la franchise Fantastic Beasts.

Bien avant Voldemort, « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom », l’univers créé par J.K. Rowling a dû faire face à une menace encore plus pernicieuse, sous la forme de Gellert Grindelwald, l’un des mages noirs les plus dangereux de tous les temps. Ce sorcier détestant les Moldus (le nom donné aux simples humains) est si puissant que le Ministère de la Magie a même dû lui couper la langue afin de pouvoir l’emprisonner. Lorsque le sombre personnage réussit à s’évader et s’envole vers Paris avec l’intention de mettre la main sur un « obscurus » et de déclencher une guerre contre l’humanité, Newt Scamander, à qui il est interdit de quitter l’Angleterre depuis qu’il a détruit la moitié de New York dans le premier Fantastic Beasts, sera envoyé en mission secrète dans la Ville Lumière par son ancien professeur et ami, un certain Albus Dumbledore, afin de contrecarrer les plans de Grindelwald.

La pochette du boîtier

Condensant presque autant de personnages qu’une saison complète de Game of Thrones dans un film de 2h15, The Crimes of Grindelwald s’éparpille un peu dans toutes les directions. Contrairement au premier Fantastic Beasts, qui présentait un récit autonome pouvant être apprécié par des gens ne connaissant absolument rien à Harry Potter, cette suite s’adresse principalement aux amateurs de la franchise. Si les mentions d’Azkaban ou le petit détour par Hogwarts ne nuisent pas à la compréhension générale, il en va autrement lorsque l’histoire relate les origines de Nagini (qui deviendra le serpent de Voldemort), ou se lance carrément dans l’arbre généalogique de la famille Lestrange. Au final, le scénario prend les allures d’un long prologue, servant à mettre la table pour le prochain chapitre.

Ayant signé les derniers Harry Potter et le premier Fantastic Beasts, David Yates connaît mieux que quiconque l’univers de J.K. Rowling, et il impose le ton dès les premières minutes, avec une évasion spectaculaire suivie d’une poursuite sous la pluie battante à bord d’une carriole transportée par des Sombrals (des chevaux-squelettes volants). Objets doués de leur propre volonté, sorciers capables de passer à travers les murs et de métamorphoser leur apparence physique sur commande, créatures magiques ou gigantesques morceaux de tissus recouvrant peu à peu des quartiers complets: The Crimes of Grindelwald constitue un pur festin visuel, et au-delà des effets spéciaux, le réalisateur produit de très belles images avec son Paris de la fin des années 1920, et sa combinaison de gothique et d’Art déco.

Image tirée du film

Étonnamment, bien qu’il soit âgé de 27 ans, Eddie Redmayne a conservé des airs de garçon, et sa physionomie lui sert autant que son talent pour interpréter, avec toute la naïveté nécessaire, Newt Scamander, le « magizoologiste » et héros de la franchise. On devrait confier plus souvent des rôles de vilains à Johnny Depp, puisqu’avec ses airs de colonel albinos, il livre un Grindelwald particulièrement lugubre. Jude Law était un excellent choix, autant au niveau du physique que de l’attitude, pour interpréter un Albus Dumbledore dans la quarantaine, et il parvient à briller dans les rares scènes le mettant en vedette. Plusieurs acteurs du premier Fantastic Beasts reprennent leurs personnages, notamment Kevin Guthrie (Abernathy), Ezra Miller (Credence Barebone), Alison Sudol (Queenie), Katherine Waterston (Tina) et Dan Fogler (Jacob). La distribution compte également la participation de Zoë Kravitz (Leta Lestrange) et de Callum Turner, qui interprète le frère de Newt.

Comprenant les versions théâtrale et étendue du film en format Blu-ray, DVD et numérique, Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald inclut également une généreuse dose de matériel supplémentaire, dont dix scènes retirées du montage, une entrevue avec J.K. Rowling qui raconte comment lui est venue l’idée de cette nouvelle franchise, une revuette expliquant le choix de Jude Law pour le personnage de Dumbledore, un document d’une vingtaine de minutes où les acteurs Ezra Miller et Evanna Lynch avouent qu’ils sont des fans finis de Harry Potter et dévoilent une foule de secrets sur la franchise, ainsi qu’une dizaine de courtes vidéos explorant les effets spéciaux derrière autant de scènes du film.

Grâce à son incroyable magie visuelle, Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald saura émerveiller ceux et celle qui ont conservé leur cœur d’enfant, même si, contrairement au film dont il est la suite, il s’adresse avant tout aux personnes connaissant intimement l’univers d’Harry Potter.

6,5/10

Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald

Réalisation : David Yates

Scénario : J.K. Rowling

Avec : Eddie Redmayne, Johnny Depp, Kevin Guthrie, Ezra Miller, Zoë Kravitz et Jude Law

Durée : 141 minutes

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais, français, espagnol et portugais


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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