Johnny English Strikes Again: l’espion qui cabotinait

2

Habituellement, plus une franchise cinématographique compte de volets, plus elle a tendance à s’essouffler, mais c’est tout le contraire avec Johnny English, et Strikes Again pourrait même être le plus drôle des trois films de la série.

À la veille du sommet du G12, un groupe de pirates informatiques lance une cyberattaque d’une ampleur sans précédent contre la Grande-Bretagne. En plus de perturber le trafic aérien à l’échelle du pays, d’immobiliser les trains dans les gares, ou de faire tourner l’ensemble des feux de circulation de la ville de Londres au rouge, les pirates malicieux exposent également l’identité de tous les espions du MI7 sur le Web. Le seul agent dont la couverture demeure intacte se trouve à la retraite et enseigne la géographie à des enfants, mais à la demande de la première ministre elle-même, Johnny English, le plus gaffeur des espions de sa Majesté, reprendra du service afin de mettre en échec les plans des cyberterroristes.

La pochette du boîtier

Les films d’espionnage à la James Bond ont inspiré bon nombre de parodies au fil des ans, mais tandis que l’ensemble des personnages et de l’univers est caricatural dans Austin Powers par exemple, Johnny English transpose son bouffon dans un monde d’intrigue internationale des plus sérieux, et l’humour provient en grande partie de ce décalage. Évidemment, la franchise repose aussi sur le style de comédie très physique de Rowan Atkinson, qui a fait la renommée mondiale de Mr. Bean, et bien que l’acteur parle dans son rôle d’agent secret maladroit, ses expressions faciales et son attitude corporelle sont souvent plus hilarantes que ses répliques, et personne ne nous fait autant rire en coinçant le petit parasol de son cocktail dans sa narine en prenant une gorgée, ou en se déhanchant comme un idiot sur la piste de danse.

David Kerr signe son premier Johnny English avec Strikes Again, et le cinéaste brasse un peu la formule, en présentant le personnage comme un espion de la vieille école qui doit maintenant composer avec les téléphones intelligents, les voitures électriques et le Big Data. Avec ses poursuites automobiles sur des routes sinueuses à flanc de montagne ou ses infiltrations nocturnes à bord d’un luxueux yacht, la réalisation de Kerr est parfois aussi léchée qu’un Mission Impossible, et dans l’ensemble, son film est mieux ficelé, et beaucoup plus drôle, que le volet précédent. Valant à elle-seule le visionnement, une scène d’anthologie montre Rowan Atkinson déambulant dans les rues de Londres avec un casque de réalité virtuelle sur la tête et interagissant avec son environnement comme s’il s’agissait d’une simulation.

Image tirée du film

La grande vedette du long-métrage est évidemment Rowan Atkinson, et le scénario a même été écrit autour de ses idées de gags. L’acteur se révèle dans une splendide forme, et prouve une fois de plus qu’il est le digne descendant de Charlie Chaplin et Buster Keaton. Pour cette nouvelle aventure, on a eu la bonne idée de lui flanquer un faire-valoir, le très flegmatique Bough, interprété par Ben Miller. Sorte de commentaire sur le deuxième film de la série, qui comptait plusieurs vedettes (dont Gillian Anderson, Dominic West et Rosamund Pike), Johnny English Strikes Again se paie les vétérans Michael Gambon et Charles Dance pour une seule et unique scène, avant de les faire exploser, et, affublée d’une coupe de cheveux évoquant directement Theresa May, la grande Emma Thompson incarne la première ministre britannique.

Incluant à la fois le Blu-ray, le DVD et une copie numérique, l’édition Combo Pack de Johnny English Strikes Again permet de regarder le film sur toutes les plateformes possibles. En plus d’une piste de commentaires livrée par le réalisateur David Kerr, on trouve une trentaine de minutes de matériel supplémentaire sur l’édition, sous la forme d’une dizaine de revuettes différentes consacrées à Rowan Atkinson, aux personnages, gadgets et voitures en vedette dans le long-métrage, aux locations de tournage en France et en Angleterre, aux coulisses de la fameuse scène de réalité virtuelle, et à l’héritage de la franchise.

Malgré son humour un peu nono, dépourvu de toute forme de cynisme ou de mauvais goût (ce qui est plutôt rare en comédie de nos jours), Johnny English Strikes Again fera rire de bon cœur toute la famille, grâce au génie comique de Rowan Atkinson.

7/10

Johnny English Strikes Again

Réalisation : David Kerr

Scénario : William Davies

Avec : Rowan Atkinson, Emma Thompson, Adams James, Ben Miller, Matthew Beard, Michael Gambon et Charles Dance

Durée : 89 minutes

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol


Autres contenus:

Rembobinage #07: Elizabeth Harvest

Partagez

À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

2 commentaires

  1. Pingback: Critique Johnny English Strikes Again - Patrick Robert

  2. Pingback: The Favourite – Dessous cruels d’une monarchie

Répondre