Club de lecture – Metro 2033, l’apocalypse souterraine

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Nous sommes en 2033, et le monde n’est plus. Les seules traces connues de civilisation se trouvent dans les différentes stations du métro de Moscou, mais même là, les humains ne sont pas seuls. Retour sur un roman qui a marqué l’imaginaire.

Après l’éclatement de la Troisième Guerre mondiale, quelques dizaines de milliers de Moscovites ont trouvé refuge dans les tunnels et les stations du réseau métropolitain de la capitale russe. Dix-huit ans plus tard, l’auteur Dmitry Glukhovsky décrit un univers glauque, un monde où l’humanité s’éteint tranquillement, déchirée de l’intérieur, mais aussi menacée par de nouveaux dangers, d’horribles créatures mutantes et d’étranges pouvoirs psychiques et paranormaux qui font des ravages dans les tunnels sombres et effrayants.

La couverture de l’une des éditions du livre

À travers tout cela, Artyom, réfugié dans une station alors qu’il n’était encore qu’un jeune enfant, devra traverser le réseau du métro et affronter bien des dangers pour avertir les habitants de Polis, un complexe de quatre stations du centre-ville où vivent les « sages », d’une menace qui se précise, au nord, et qui pourrait bien signifier la destruction de ce qui reste de l’espèce humaine si rien n’est fait pour la contrer.

Ce périple dans le métro représente la trame narrative sur laquelle viennent se greffer les différents « épisodes » du roman. Après tout, la première version de Metro 2033 est parue sur le web, probablement sous forme épisodique, et cette structure a été conservée pour la version papier, puis pour les versions traduites en anglais, puis en français, et enfin pour la version remaniée à la suite de la sortie des jeux vidéo Metro 2033 et Metro: Last Light.

Les aventures d’Artyom dans le métro sont-elles séparées en chapitres ou en épisodes? À près de 900 pages au compteur, la question se pose. Et il ne s’agit pas simplement de se demander si le livre est long, s’il se lit bien, ou si son action est prenante. Il faut plutôt s’interroger sur la nécessité de vouloir intégrer tant de contenu dans un seul ouvrage, alors qu’une version condensée du livre aurait peut-être fait l’affaire. À l’opposé, un roman aussi long, mais dont certains passages auraient été retirés, afin de bonifier les autres sections, histoire de les rendre plus complètes, pourrait s’avérer une solution de rechange plus qu’intéressante.

Quoi qu’il en soit, il apparaît clairement que l’auteur souhaitait, par son histoire se déroulant dans un futur post-apocalyptique, examiner les diverses facettes de la société russe. Les principales influences et courants de pensée sociaux, économiques et politiques se télescopent ainsi joyeusement dans un fouillis d’idéologies, de croyances et de systèmes politiques aussi complexes – et parfois loufoques – les uns que les autres. Si les communistes devaient certainement faire leur apparition, histoire russe oblige, les néonazis avaient-ils vraiment leur place dans Metro 2033? Qu’en est-il de la dizaine d’espèces de mutants, ou encore de la poignée de cultes auxquels l’on consacre au moins un, sinon plusieurs chapitres?

Encore une fois, le problème n’est certainement pas la quantité, mais plutôt la qualité du contenu. La faute au fait d’avoir joué au jeu avant d’avoir lu le livre, peut-être, mais force est d’admettre que si le livre est intéressant, il est aussi grevé par des longueurs et par une propension à sauver le héros in extremis à plusieurs reprises. Artyom va lui-même s’interroger à ce sujet, preuve, peut-être, que l’auteur cherchait à se dédouaner de justement structurer son récit sous la forme d’épisodes.

En tenant compte de tout cela, doit-on lire Metro 2033? L’ouvrage a eu un impact dans le monde de la science-fiction. Rares sont les titres qui réussissent le saut du roman au jeu vidéo, et ce même si la déclinaison numérique a subi plusieurs transformations. Ceci étant dit, le roman a ses problèmes, mais ceux-ci ne sont pas suffisamment importants pour gâcher complètement le plaisir. À ajouter à sa sélection de SF post-apocalyptique, dans ce cas.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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