Le mois de juillet s’écoule rapidement, et août montre déjà le bout de son nez. Profitez-en pour vous divertir – et vous informer – avec une nouvelle édition de notre revue de presse hebdomadaire. Voici, de nouveau, les articles qui ont retenu notre attention cette semaine. Nous vous souhaitons une agréable lecture.
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Notre couverture du rejeton de Juste Pour Rire
L’essentiel de Montréal Cirque 2010, ici
Couverture de la 14ième édition du festival Fantasia de Montréal
Hugo PRÉVOST
Quoi de mieux, pour clore un festival de cinéma d’horreur et de fantastique, qu’une comédie suintant le sang et les viscères? Tucker and Dale VS Evil, film du Canadien Eli Craig, s’est imposé, avant même la projection – si l’on peut dire – comme un long-métrage parfaitement adapté aux circonstances de Fantasia, tout en offrant une vitalité rafraîchissante au niveau du scénario. Un excellent film de genre, qui s’installe confortablement avec les autres classiques du même type.
Deux amis de longue date, Tucker (Alan Tudyk, parfaitement à l’aise) et Dale (Tyler Labine, lui aussi très en forme) décident d’investir dans un chalet pour le retaper et ainsi profiter de la vie. Ils ont sans doute des plaisirs simples, tel que boire de la Pabst Blue Ribbon, mais ils ont bon coeur. Arrivent, cependant, un groupe de jeunes universitaires, qu’on dirait tout droit sortis d’une télé-réalité américaine. C’est cliché, certes, mais toujours aussi rigolo. Dale, tout en maladresse, décide de prendre son courage à deux mains et tente de lier conversation avec l’une des jeunes dames, tentative qui donnera le ton pour la suite du film. De là, les choses iront de mal en pis, avec force mutilations et morts violentes en prime.
Ce film est principalement basé sur un ensemble de quiproquos et de malentendus, mais ceux-ci sont très bien joués, ce qui confère à Tucker and Dale VS Evil un hilarant vernis cinématographique. Persuadés que les deux « rednecks » sont des meurtriers en puissance, les jeunes tenteront tant bien que mal de libérer leur amie, qui n’est pourtant absolument pas en danger, à l’intérieur du chalet des deux hommes. Et c’est là que l’hémoglobine se mettra à gicler, et que les têtes voleront.
On rigole, on rit aux éclats, on applaudit, on crie, on aime les personnages un peu caricaturaux campés par les acteurs, et on en redemande. Tudyk et Labine sont tout simplement parfaits, et les mésaventures qui leur tombent sur la tête ont fait s’écrouler le public de rire. À voir, donc, entre bons amis, une bière froide à la main.
On imagine mal une docu-fiction sur la vie des vampires en Belgique; c’est pourtant à cette tâche que s’est attelé le réalisateur Vincent Lannoo, dans sa comédie sobrement intitulée Vampires. On y suit la vie d’une famille de quatre suceurs de sang, avec tout ce que cela comporte de rituels, de tensions entre les membres de la famille, de tracas avec les voisins, le tout enrobé d’un aspect vampirique rigolo. Le film s’essouffle un peu en milieu de parcours, mais reprend de la vigueur vers la fin, pour le bonheur des amateurs de documenteurs.
Représentation de minuit 15, très tôt dimanche matin, pour le film The Human Centipede (First Sequence), à la salle Hall de l’Université Concordia. Et pourtant, la file d’attente est interminable, plus longue que pour de nombreux autres films présentés au Festival Fantasia. Est-ce la preuve qu’il s’agissait d’un grand film de genre, un classique en devenir? Que nenni, si ce n’est que The Human Centipede demeurera dans les mémoires comme un exercice de style sans véritable éclat, et aux motivations témoignant du fait que le réalisateur n’a pas dépassé le stade anal du développement…
Une mise en contexte tout à fait réaliste, se basant sur la première grande vague de la peste noire qu’a vécue l’Angleterre, nous permet une entrée en la matière directement historique.
La plupart du temps, Fantasia présente des films d’horreur, des thrillers, des films de genre… Même les comédies sont normalement teintées d’aventures ninjatesques ou d’un humour complètement ridicule, restant loin du « mainstream ». Eh bien qu’a cela ne tienne, « Sophie’s Revenge », d’Eva Jin, présenté hier au théâtre Hall devant une salle bien remplie, est tout sauf un film Fantasia typique. Et on aime.
Deux hommes arrivent enfin. Elle les attendait. Heureux de se retrouver et pas vraiment à la fois. Tranche de vie. Voilà avec justesse comment les créateurs du spectacle nous préparent pour Sway.
Mille siècles. Cent mille ans. Voilà la durée de vie des déchets nucléaires produits par les réacteurs atomiques un peu partout sur la planète. Le réalisateur Michael Madsen offre, avec Into Eternity, une plongée au coeur du programme Onkalo, un site d’enfouissement pour les déchets radioactifs finlandais. Au-delà du simple documentaire technique, cependant, Madsen examine en profondeur toutes les implications politiques, philosophiques et morales de cet effort colossal s’étirant sur cent ans, mais devant en survivre mille fois plus, offrant au spectateur un film étrangement beau et touchant.
Satire particulière que celle de Doghouse, projeté hier au festival Fantasia : une bande d’amis se retrouvent dans un minuscule village anglais pour aider l’un d’entre eux à passer à travers son divorce. Malheureusement, les réjouissances viriles seront de très courtes durée, alors qu’une horde de zombies femmes se mettent en tête de leur faire la peau, et ce par tous les moyens. Quand, en plus, le virus de cette « maladie » se révèle être transmis par la lessive, pas besoin d’aller plus loin pour comprendre que le film est un gag anti-féministe. Et on se bidonne!
Ah, les films traitant de la vengeance de la mort du père… Thème fréquent, certes, et parfois suranné, mais qui peut être traité de façon intéressante; cela ne nécessite qu’un réalisateur imaginatif et le tour est joué. Dans le cas de Blades of Blood, présenté hier au Festival Fantasia, le réalisateur Lee Jun-ik parvient à établir une atmosphère agréable, certes, mais le résultat final déçoit quelque peu l’amateur de grandes joutes épéistes.
Une femme, admise à l’hôpital suite à la prise de stupéfiants, se retrouve dans une école abandonnée auprès de celui qui travaillait comme concierge en milieu hospitalier. À l’en croire, ils ont miraculeusement survécu à l’Apocalypse, et doivent vivre reclus. Sans moyen de savoir s’il dit la vérité, Grace doit lentement se faire à l’idée que sa vie est chamboulée à jamais. Mais est-ce vraiment le cas? Dans Saving Grace, le réalisateur Chris Pickle réussit, avec peu de moyens, à créer un huis clos efficace.
« Par applaudissements, qui a déjà fourré avec des objets? » La question choque, mais déclenche aussi l’hilarité du public; bienvenue aux soirées Humour G.H.B. Présentée dans une seconde itération ce soir, ces soirées GHB – pour gore, hardcore et brutal, dit offrir un type d’humour sortant de l’ordinaire et libéré des carcans de l’humour grand public. Cependant, malgré quelques bonnes idées, c’est surtout à des gags de mauvais goût que les spectateurs ont eût droit hier, au Studio Juste pour Rire.
ID est une des pièces maîtresses de la programmation du festival Montréal Complètement Cirque puisqu’il s’agit de la toute dernière création du Cirque Éloize; troupe acclamée de cirque Montréalaise.
Comment rendre une histoire de manga sur grand écran intéressante et loufoque? Facile! Il suffit de faire un docu-fiction sur le sujet. Van Von Hunter, réalisé par Stu Levy et Steven Calcote, nous fait découvrir par l’entremise d’un faux documentaire les aventures tumultueuses d’un chasseur de créatures maléfiques qui se retrouve dans « notre » monde. Hilarant.
Dur – et traître – terreau que celui de la science-fiction au cinéma. Adaptations ratées, effets spéciaux peu saisissants, prémisse fautive, le matériau d’origine a beau être intéressant, plus souvent qu’autrement, le produit final plaît souvent davantage au grand public qu’aux passionnés. Il arrive, cependant, que le résultat du travail acharné d’un réalisateur et de son équipe portent fruit. À ce sujet, Christopher Nolan ajoute une autre pierre à son impressionnant palmarès de succès sur pellicule avec Inception.
C’est sur cette belle morale que se conclue « Tous Cousins! » des Zyrgomatiks, présenté au Lion d’Or dans le cadre du festival Complètement Cirque. Il s’agit de la première performance en Amérique du duo comique formé d’Olivier Mahiant et de Sébastien Derock, qui, loin des pirouettes acrobatiques des autres spectacles du festival, nous font découvrir une différente facette du cirque : la clownerie.
Le festival Fantasia, c’est bien entendu un lieu de projection pour de nombreux films provenant de cercles habituellement fermés au cinéphiles d’ici et d’ailleurs, que ce soit dans le domaine de l’horreur, de l’animation, du suspense, de la comédie… mais il existe un autre aspect à cette célébration du septième art; le Fantastique Weekend du court-métrage québécois. Étant à la fois lieu de rencontre pour les passionnés du court-métrage et vitrine pour de jeunes réalisateurs visant à se faire un nom, le Fantastique Weekend prend cette année de l’expansion pour sa quatrième édition. Pieuvre.ca a rencontré Isabelle Gauvreau, responsable de la programmation du Weekend, pour en savoir plus.
Hier soir, dans la magnifique salle de l’Olympia, la troupe des 7 doigts de la main nous a présenté un spectacle inédit, « Cabaret », créé à l’occasion de la première édition de Montréal Complètement Cirque. Bien que la salle et les décors nous fassent remonter efficacement au temps de ces célèbres cabarets, la présentation finale nous laisse sur notre faim. Et pourtant, les acrobates ne sont pas à blâmer…
Après une longue attente extérieure, animée par de nombreux éclairs, et une présentation sommaire du film par son producteur, Kerry Prior, les cinéphiles de Fantasia ont pu enfin jouir d’un film de zombies hors du commun!
Dimanche 11 juillet, la finale opposant l’Espagne aux Pays-Bas à Johannesburg a conclu le Mondial de soccer. Si le ballon rond n’a pas ici l’aura médiatique dont il dispose en Europe ou en Amérique du Sud, il n’en reste pas moins que certains quartiers de Montréal ont vécu à l’heure sud-africaine ce dernier mois. Alors pour ce baissé de rideau, je me devais d’être de la fête. Ambiance dans les rues de la métropole, un jour d’été pas tout à fait comme les autres.
Alien vs Ninja. Alien. Versus. Ninja. Besoin d’explications supplémentaires? Avec un titre pareil, pourtant, l’on sait déjà à quoi s’attendre. Si l’apothéose du film de genre chinois correspond généralement à une série de combats de kung-fu comprenant des chorégraphies étudiées et une confrontation entre traditions millénaires, son homologue japonais rassemble certes sensiblement les mêmes composantes, mais il y ajoute un ingrédient essentiel : le comédien déguisé en bête étrange. Et on en redemande.
Que voilà un titre de film quelque peu… troublant. Dans une Serbie post-chute du régime de Milosevic, Marko, diplômé en cinéma désoeuvré, tente de revitaliser l’industrie de la porno serbe en mettant sur pied un théâtre pornographique expérimental, où acteurs réciteront un texte, tandis que d’autres comédiens forniqueront sur scène, devant public. Bien vite, cependant, l’étrange utopie tournera au cauchemar.
Les réalisateurs hong-kongais Derek Kwok et Clement Cheng présentaient hier la première canadienne de leur dernier film, Gallants. Les flash crépitaient dans l’entrée de la salle Hall de l’Université Concordia, tandis que le gratin de la distribution prenait la pose. Parmi les célébrités se trouvait Bruce Leung, légende des films de kung-fu hong-kongais qui a plus de 40 ans de carrière derrière la cravate. La distribution de ce film promettait, et n’a pas déçu; Gallants est à classer parmi les bons films du genre.
C’est hier soir qu’avait lieu l’une des dernières représentations de Totem aux Vieux-Port de Montréal. Consolez-vous, si vous n’avez pas eu la chance de voir le dernier joyaux du plus notoire Lalibertain au monde, le spectacle se déplace dans la vieille Capitale à partir du 22 juillet, et part même à Amsterdam au mois d’octobre 2010. Un spectacle à la hauteur de l’humainement possible, et qui ma foi, révèlera peut-être une face cachée lorsqu’il sera présenté plus près d’un coffee shop hollandais!
Les films d’arts martiaux sont à l’Asie ce que les films d’action sont aux États-Unis, soit une formule fréquemment utilisée, mais qui, dans certaines circonstances, fonctionne remarquablement bien et vient apporter un petit quelque chose de plus à un héritage cinématographique déjà particulièrement riche. C’est ainsi qu’Ip Man 2, présenté hier lors de la première journée du festival Fantasia, aura réussi à aller chercher son public.
Mathieu Handfield est grand. Pas aussi grand, certes, que Napoléon, le héros de son nouveau roman Ceci n’est pas une histoire de dragons (Napoléon fait 6 pieds 4 pouces…), mais grand tout de même. Et c’est peut-être cette grande taille qui a poussé l’artiste multidisciplinaire à écrire ce récit particulièrement loufoque alliant une bataille pour une meilleure estime de soi à un univers de plus en plus déjanté où les ambitions d’un nain se combinent au rêve d’être accepté de tous. Pas nécessairement pour le mieux.
Ça y est, les lumières s’éteignent, la salle se fait silencieuse, et tandis que le soleil brûle le béton à l’extérieur, les passionnés de cinéma se donnent rendez-vous à la 14e édition du festival de films Fantasia, lieu de rassemblement des aficionados de l’horreur, du fantastique et du déjanté. Pieuvre.ca en a profité pour préparer une petite liste des événements à ne pas manquer durant cette célébration du 7e art dans tout ce qu’il a de plus iconoclaste.