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Peut-on souhaiter faire taire une voix discordante quand on se définit soi-même comme une voix discordante? C’est la question que pose l’étrange poursuite judiciaire qui vise une des critiques de Didier Raoult — et qui vise en même temps un site qui symbolise depuis quelques années la partie la plus rigoureuse et la plus étayée des voix discordantes en science.

Il était un microbiologiste célèbre bien avant la pandémie. Il est adulé par certains, en France et ailleurs. Et pourtant, à plusieurs reprises depuis 16 mois, il a tenu des propos douteux ou carrément faux — et ce, indépendamment de ses deux études sur l’hydroxychloroquine dont les résultats sont toujours controversés. Le Détecteur de rumeurs propose un survol de quelques-unes des déclarations de Didier Raoult.

Plus de 146 études sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine contre la COVID, dont 83 offrant suffisamment de données pour être prises en considération. Le résultat? « Le traitement avec l’hydroxychloroquine est associé à une mortalité accrue, et aucun bénéfice ».

Deux vastes études, menées auprès de plus de 11 000 patients chacune, et publiées début octobre, ont conclu que l’hydroxychloroquine ne diminuait pas le taux de mortalité de la COVID-19, et ne réduisait pas la durée des séjours hospitaliers. Est-ce le mot de la fin, pour ce traitement peu cher mais controversé ? Pas complètement, constate le Détecteur de rumeurs.

Une compagnie virtuellement inconnue du milieu scientifique aurait-elle pu créer à elle seule une immense base de données des dossiers de plus d’un millier d’hôpitaux sur tous les continents? Dans cette histoire qui restera dans les mémoires sous le nom de Lancetgate, ce qui étonne n’est pas tant qu’un entrepreneur manifestement très ambitieux soit allé aussi loin, mais que personne chez The Lancet n’ait flairé le piège.