Un an plus tard, l’inutilité de l’hydroxychloroquine

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Plus de 146 études sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine contre la COVID, dont 83 offrant suffisamment de données pour être prises en considération. Le résultat? « Le traitement avec l’hydroxychloroquine est associé à une mortalité accrue, et aucun bénéfice ».

C’est la conclusion d’une méta-analyse, c’est-à-dire une étude qui fait la synthèse d’autres études. Elle est parue le 15 avril dans la revue Nature Communications. Les trois auteurs de l’Université Stanford (Californie) se sont d’abord arrêtés à des études parues, mais ont aussi inclus des études non publiées ou non révisées, prenant ainsi en considération le fait que certaines des expériences ont été interrompues au printemps 2020, lorsqu’il a commencé à devenir clair que ce médicament n’apportait pas plus de bénéfices qu’un placebo.

Rappelons que la COVID a provoqué un déluge sans précédent de recherches sur de possibles traitements: rien que dans le premier trimestre de 2020, on avait recensé près de 700 études cliniques — c’est-à-dire des médicaments potentiels testés sur des humains. Or, parmi eux, un sur cinq ciblait l’hydroxychloroquine (HCQ) ou la chloroquine (CQ). Ce n’est donc pas étonnant qu’on ait pu voir rapidement se dégager la conclusion à l’effet qu’il s’agissait d’une fausse piste.

Mais beaucoup d’études se sont néanmoins poursuivies au-delà du premier trimestre — ou ont même été lancées plus tardivement en 2020. Les trois auteurs ont donc tenté un bilan de la littérature scientifique, incluant celle qui n’avait pas fait l’objet de révision par les pairs. Leur difficulté a été d’obtenir des données complètes des auteurs des études en question: la moitié n’ont pas répondu.

Il en ressort que la majorité des chercheurs ont évalué l’HCQ (la CQ ne bénéficie au final que d’un petit échantillon de 300 patients). Et que la majorité l’ont évalué sur des patients hospitalisés, bien que quelques-uns l’aient aussi testée sur des gens avec ou sans symptômes.

Au final, 14% des patients traités avec de l’HCQ sont décédés. Lorsqu’on tient compte des tailles et des différences entre les groupes, le taux de décès est légèrement inférieur dans les groupes contrôle, quoique la différence ne soit pas significative. L’intérêt principal de cette méta-analyse, écrivent les chercheurs, ne réside toutefois pas dans ce chiffre, mais dans l’effort d’être allé chercher aussi des résultats non publiés —sachant combien, en recherche, la tendance à moins souvent publier des résultats négatifs introduit un biais.

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Agence Science-Presse

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