Navigation : fonte des glaces

Au-delà du coût toutefois, le problème est qu’une telle construction mettrait 20 à 30 ans avant d’être complétée. Et pendant ce temps, il y a le reste du Groenland, qui continuerait d’être sous l’effet de l’air plus chaud, et il y a l’Antarctique…

La hausse mondiale du niveau des océans associée au possible effondrement de la calotte glaciaire Ouest-Antarctique a été très largement sous-estimée dans le cadre de précédentes études, ce qui signifie que les océans, dans un monde plus chaud, atteindront des hauteurs plus importantes que prévu, selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université Harvard.

Le 19 août, les scientifiques à bord du brise-glace allemand Polarstern ont atteint le pôle Nord en un temps record. Il n’y a pas si longtemps, ils auraient dû traverser une région couverte d’une glace dense, vieille de plusieurs années. En son absence, il leur a fallu seulement six jours pour relier le détroit de Fram, au nord du Groenland, au pôle Nord.

Les océans peuvent stocker davantage de chaleur que l’atmosphère. Les mers profondes autour de l’Antarctique ont en fait emmagasiné l’équivalent de l’énergie thermique nécessaire pour chauffer l’air au-dessus du continent d’environ 400 degrés. Une équipe de recherche menée à partir de la Suède a récemment exploré les interactions physiques qui lient les courants sous-marins et les glaciers qui entourent la côte du continent le plus austral du monde.

Les détracteurs de la science du climat aiment bien utiliser le mot « alarmiste » quand ils parlent des climatologues. Et pourtant, les chiffres démontrent que les prédictions contenues dans les précédents rapports du GIEC ont plutôt joué la carte de la prudence.

La glace qui recouvre le Groenland ne fait pas que fondre. Elle glisse en fait rapidement à travers la calotte glaciaire vers les extrémités des étendues glacées. De ce fait, la glace est transportée plus rapidement que prévu vers les zones « frontalières », aux abords de l’océan, où la fonte est facilitée.