Pas question d’attendre l’arrivée du chocolat européen: des habitants de l’est de l’Amérique du Nord étaient vraisemblablement déjà des amateurs de cacao au tournant des 11e et 12 siècles, selon une étude récemment publiée dans PLOS.
Les travaux en questions font ainsi état d’une analyse d’ADN effectuée à l’aide de résidus de poterie découverts dans les buttes indiennes d’Etowah, dans l’État américain de Géorgie. Les tests effectués ont révélé la présence de cacao sur ces artefacts autrefois utilisés par la civilisation du Mississippi, un regroupement de cultures autochtones.
L’un de ces peuples aurait construit, puis occupé les buttes en question situées le long de l’Etowah River.
Comme l’expliquent les chercheurs par voie de communiqué, on savait déjà que le cacao était consommé en Amérique centrale et du Sud, des milliers d’années avant la colonisation européenne. On avait également déjà découvert des traces de l’utilisation du cacao dans le sud-ouest des États-Unis, mais on ne disposait pas de preuves solides de la consommation du chocolat dans les grandes civilisations établies à l’est du fleuve Mississippi.

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Des résidus alimentaires ancestraux
Les chercheurs ont découvert des traces de cacao en examinant trois éclats de poterie récupérés dans des puits servant à la cuisson et aux repas, puits que l’on estime être rattachés à la construction de la première butte.
Ils y sont parvenus en analysant l’ADN de résidus retrouvés sur ces éclats – en prenant bien soin d’écarter toutes les autres substances également détectées sur ces morceaux de poterie.
De précédents tests sur ces mêmes résidus avaient permis de détecter la présence de caféine, mais impossible, à ce moment-là, de prouver la présence de cacao.
Cela s’explique, affirme-t-on, par le fait que des plantes poussant dans la région, comme Ilex vomitoria, également appelée Yaupon, contient certains marqueurs chimiques que l’on trouve également dans le cacao, comme la caféine et la théobromine, ce qui rendait impossible la distinction entre les deux plantes, du moins via une analyse chimique conventionnelle.
D’où, écrivent les scientifiques, le recours à l’analyse ADN, ce qui a permis d’établir un peu plus clairement la présence de cacao.
Des réseaux commerciaux étendus
Petit problème: le cacao est une plante qui ne pousse que dans des régions tropicales. Comment cela se fait-il, alors, que les habitants de l’est de l’Amérique du Nord étaient en mesure d’en consommer?
En fait, écrivent les chercheurs, cette découverte vient améliorer notre compréhension du commerce sur le continent nord-américain, avant l’arrivée des colons européens.
La présence de cacao en Géorgie veut effectivement dire que des contacts avaient lieu entre les habitants du coin et les peuples vivant dans des régions où poussait la plante tant recherchée.
Cela suppose, soutiennent encore les auteurs de l’étude, l’existence de vastes réseaux commerciaux où circulaient des biens, mais aussi des personnes et des idées.
Impossible, cependant, d’établir la provenance exacte du cacao trouvé en Géorgie, ni d’identifier le parcours de ces plants (ou de ces fèves).





