Dix pour cent: voilà, selon le Pew Research Center, la proportion des sites web dont le contenu aurait été créé par un modèle langagier rattaché à un système d’intelligence artificielle. Une preuve sans équivoque, affirme-t-on dans un nouveau rapport, de la rapidité avec laquelle ces outils ont été adoptés.
Cette statistique étonnante s’inscrit dans la foulée du fait que moins de quatre ans après le lancement de la première version publique de ChatGPT, l’intelligence artificielle générative d’OpenAI, environ la moitié des adultes américains disent utiliser des robots conversationnels – des chatbots.
Toujours au dire du Pew Research Center, c’est aussi le quart de ces adultes qui se tournent quotidiennement vers de tels services numériques.
« La capacité de ces outilsà générer des textes ressemblant à ce que peut écrire un humain suscite une question fondamentale à propos du web contemporain: quelle proportion du contenu est-elle maintenant rédigée par une machine, plutôt que par une IA? », s’interrogent les auteurs du rapport.

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Un outil IA… pour détecter l’IA
Pour trouver la réponse à cette question, il était évidemment impossible de passer à travers toutes les pages web existantes, qui se comptent en dizaines de milliards.
Les spécialistes du Pew Research Center ont plutôt choisi de se concentrer sur un échantillon d’environ 500 000 pages web rédigées dans la langue de Shakespeare et publiées au cours des cinq dernières années, soit une période commençant un peu avant la mise en ligne de ChatGPT.
Ces pages web ont ensuite été passées au crible par un outil d’IA appelé Open Pangram, histoire de tenter d’y détecter des indices, c’est-à-dire des signaux indiquant qu’un contenu a proablement, ou encore clairement été produit par une intelligence artificielle.
Le résultat? En évaluant 10 000 pages faisant partie de l’échantillon sélectionné par les spécialistes du Pew Research Center, on a découvert qu’environ 10% d’entre elles affichaient des signes de textes créés par l’ordinateur. Et cette proportion n’a fait qu’augmenter avec le temps, passant la barre des 5% en janvier 2025.
Selon les résultats obtenus, la part de pages web générées par l’IA aurait donc doublé en un an à peine.
Ce qui surprend vraiment, c’est que si l’on ne tient pas compte des pages web publiées avant la mise en ligne de ChatGPT, la proportion des contenus générées par l’ordinateur bondit alors à 35%.
Il faut toutefois prendre ces résultats avec un grain de sel, quelque chose que même les auteurs du rapport reconnaissent: après tout, les outils de détection de contenu généré par l’IA s’appuient sur certaines caractéristiques, notamment en matière de structure de phrase, ou encore l’emploi fréquent des tirets demi-cadratin.
Mais ces outils ne sont pas fiables à 100%; d’autres chercheurs faisaient d’ailleurs cas de ces imprécisions dans une étude publiée le mois dernier dans Nature.
Chose intéressante, cependant, le rapport du Pew Research Center indique que le contenu généré par IA semble proliférer bien plus largement sur les sites web rattachés à des domaines .com. Pourtant, lors du lancement de ChatGPT, la tendance était sensiblement la même pour les domaines .edu (liés au milieu de l’éducation), .gov (lié aux institutions gouvernementales) et .org.
Quatre ans plus tard, on semble constater une stagnation, ou encore une diminution de la proportion des pages .gov et .edu écrites par l’IA; seul les sites liés au domaine .org ont suivi la tendance; en 2026, environ 5% des pages de ce genre analysées auraient été écrites par l’ordinateur.





