Plus de quatre années après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, la cote de popularité de Vladimir Poutine, le président russe, demeure particulièrement basse. Mais selon une enquête réalisée par le Pew Research Center, son ennemi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ne suscite pas, lui non plus, beaucoup d’enthousiasme.
Selon les résultats d’une vaste enquête réalisée dans 37 pays, en effet, un peu moins du tiers des répondants (30%) disent faire confiance au chef du Kremlin pour « agir correctement sur la scène politique mondiale », alors que les deux tiers des personnes interrogées sont de l’avis contraire.
Les avis favorables envers la Russie, dans son ensemble, sont largement similaires: on ne compte qu’un tiers d’opinions positives.
Mais la cote d’amour de M. Zelensky n’est guère plus importante, puisque 35% des participants à l’enquête lui font confiance pour « poser les bons gestes sur le plan diplomatique ». Toutefois, « seulement » 52% des répondants ne lui font pas confiance, dans ce domaine.
Au dire des spécialistes du Pew Research Center, les deux hommes d’État jouissent de certaines « poches » de popularité, à travers le monde. Pour le chef d’État ukrainien, ses appuis favorables se retrouvent, sans surprise, principalement en Europe de l’Ouest, ainsi qu’en Australie, au Japon et au Canada.
Mais la situation géopolitique mondiale n’est jamais simple: ainsi, au Kenya et aux Philippines, l’appui serait marqué pour les deux dirigeants.
Un clash Est-Ouest
Faut-il y voir une preuve des allégeances politiques changeantes? En Europe, rappelle les auteurs de l’enquête, les gens se plaçant à droite de l’échiquier politique seraient ainsi davantage portés à appuyer le Kremlin et son occupant, tout en s’opposant au président ukrainien.
L’âge aurait aussi quelque chose à y voir: le sondage indique que les 18 à 34 ans auraient plus tendance à être prorusses que les 50 ans et plus.
Quoi qu’il en soit, la proximité avec Moscou jouerait sur l’opinion de l’État russe: si l’appréciation de Poutine et de son régime est particulièrement faible chez les pays membres de l’OTAN – y compris à peine 20% d’avis positifs au Canada et 14% aux États-Unis – en Pologne, qui a été conquise par la Russie à plusieurs reprises au cours de son histoire, et en Suède, qui n’est pas très loin de la pointe nord-ouest de la Russie, on n’appuie le Kremlin qu’à la hauteur de 7 et 5%, respectivement.
À l’opposé, en Asie du Sud-Est, Moscou compte des partisans presque indéfectibles: au Bangladesh, en Thaïlande, au Sri Lanka, en Inde, en Malaisie et en Indonésie, les opinions favorables envers la Russie vont d’un peu plus de 50% à près de 70%.
L’Inde fait d’ailleurs partie des principaux partenaires économiques de la Russie; Moscou lui achète du pétrole, mais lui vend aussi divers produits, y compris du matériel militaire.
L’OTAN, aimée… mais pas toujours
Alors que les membres de l’OTAN, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, sont réunis à Ankara, en Turquie, pour un important sommet, les habitants de ces pays continuent d’avoir un avis positif de l’alliance; c’est très largement le cas en Pologne (78%), en Suède (74%), en Allemagne (73%), ou encore au Canada (67%).
Aux États-Unis, le taux d’approbation chute cependant à 57%. L’enquête ne dit pas si les fréquentes critiques acerbes lancées par le président Donald Trump y sont pour quelque chose.
En moyenne, les deux tiers des répondants ont une opinion positive de cette alliance créée pour contrer l’URSS et ses satellites, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale.
Cependant, il existe de grandes variations, en fonction du pays examiné, souligne le Pew Research Center. Ainsi, en Turquie, là où se trouvent justement les représentants des pays membres, à peine le quart des personnes sondées appuient l’OTAN.
Et paradoxalement, autant la Hongrie soutient l’Alliance atlantique à hauteur de 72%, autant les Hongrois sont opposés à Zelensky, et ne lui font confiance qu’à hauteur de 20%. Là encore, il est permis de se demander si le long passage au pouvoir de l’ex-premier ministre Viktor Orban, résolument prorusse, a eu une influence sur l’opinion publique.





