De par sa nature, le thriller policier a toujours semblé être un peu hors du temps. Bien sûr, les méthodes et les technologies changent. Les crimes aussi. Mais une enquête pour meurtre reste une enquête pour meurtre. Enfin, est-ce bien le cas? Chroniques d’un monde qui s’écroule, un recueil de critiques de romans policiers à saveur environnementale, change la donne.
Sous la direction de Michel Bélair, à qui l’on doit déjà, notamment, le recueil Noir sur blanc – Le polar en vingt portraits, voilà donc pas moins de 36 critiques de romans s’articulant autour d’enquêtes portant sur des sujets liés, de près ou de loin, à la transition écologique, à l’énergie verte, l’économie durable, la crise climatique, etc.
Ces textes, déjà tous publiés dans le magazine En Retrait, ont cela d’intéressant qu’ils en donnent juste assez pour que le lecteur soit titillé. Bien entendu, on pourrait arguer que c’est là le but d’une critique, mais il y a quelque chose dans la façon de raconter l’intrigue, de présenter les personnages…
Peut-être cela est-il imputable au fait que tous ces textes parlent de romans publiés il y a quatre ans et moins. Ou s’agit-il du fait que l’on nous présente à la fois des romans d’ici et d’ailleurs, et que les titres se déroulant à l’étranger ont tous, dans une plus ou moins grande proportion, des thèmes environnementaux que l’on pourrait aussi évoquer, au Québec?
Quoi qu’il en soit, voilà donc une façon franchement nouvelle d’aborder la littérature policière, avec des thématiques tout à fait contemporaines. Une bonne dose d’originalité dans un genre qui en avait, pourrait-on arguer, parfois bien besoin.
Chroniques d’un monde qui s’écroule – 36 polars remettent en question nos certitudes, sous la direction de Michel Bélair, publié aux éditions Somme toute / Le Devoir, 204 pages





