Action! Le mot est lancé, et résonne aussi fort qu’un uppercut bien placé, qu’un coup de feu, qu’un accident de voiture, ou pourquoi pas aussi fort qu’une bonne vieille explosion. Du 1er juillet au 31 août, la Cinémathèque québécoise accueille un cycle de projections destiné aux amateurs de films d’action. Et pour l’occasion, Apolline Caron-Ottavi, programmatrice pour l’institution sise au Quartier latin, lève le voile sur le processus de sélection des oeuvres. Rencontre.
En entrevue avec Pieuvre, Mme Caron-Ottavi indique ainsi que ce cycle annuel de projections « est un peu devenu notre grand rendez-vous d’été ». Un rendez-vous qui coïncide, en partie, avec le lancement du festival Fantasia, Mecque montréalaise des amateurs de films de genre.
« Évidemment, à la Cinémathèque, on veut un peu traverser l’histoire du cinéma, que ce soit en termes de genres, d’époques, de styles, de pays… Et c’est aussi le moment où on fait un peu plus de place au cinéma populaire », ajoute-t-elle.
Parlons-en, d’ailleurs, des oeuvres populaires qui seront présentées durant les mois de juillet et août: thématique action oblige, on y trouvera notamment du James Bond, le premier Mission: Impossible, mais aussi les deux Kill Bill, ou encore le fantastique Mad Max: Fury Road.
Mais le terme action est particulièrement vaste. « Ce genre revient un peu aux sources, un peu à l’essence même du cinéma, c’est le rapport au rythme, aux mouvements, aux corps », convient Mme Caron-Ottavi.
Faut-il s’étonner, alors, de voir d’autres titres, comme Brave, de Pixar, ou même The General, mettant en vedette un certain Buster Keaton? Sans compter des oeuvres typiquement québécoises, telles que Red, de Gilles Carle, ou encore La loi du cochon.
Il ne faut pas oublier, non plus, l’influence titanesque qu’a eu le cinéma hong-kongais (et asiatique dans son ensemble) sur le septième art. Comment oublier Hard Boiled, de John Woo, Battle Royale, Oldboy, The Big Boss…

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Chercher l’équilibre
Bref, de tout pour tous, sans doute… Mais dans ce cas, comment circonscrire le genre, comment parvenir à une liste qui se tienne?
« On a essayé de trouver un équilibre; il y a évidemment un peu de tout. Nous voulions aller dans différentes directions, entre autres pour sortir le cinéma d’action des États-Unis », indique encore Apolline Caron-Ottavi, puisque ce genre ne trouve pas son origine chez l’Oncle Sam, même si l’Amérique est un peu devenue la Mecque du film d’action, au fil des décennies.
« Nous avons aussi cherché à décloisonner, un peu, puisqu’il y a de l’action qui est très physique, d’autre qui est davantage dans la tension… »
À preuve, d’ailleurs, ce combo Salaire de la peur et Sorcerer, deux adaptations profondément différentes d’une seule et même histoire originale. On y retrouve de l’action physique, oui, mais surtout une tension particulièrement palpable, alors que les personnages tentent, tant bien que mal, de livrer leur dangereuse cargaison à bon port.
Toujours selon Mme Caron-Ottavi, le film d’action rappelle aussi l’époque du grand blockbuster estival, avec « son côté intergénérationnel ».
Mais à travers ces grands succès populaires, il est aussi possible d’entrevoir les oeuvres qui ont elles-mêmes influencé les Tarantino, Spielberg et autres réalisateurs de films d’action. Voilà pourquoi la Cinémathèque propose aussi des oeuvres peut-être moins connues du grand public, mais qui sont tout aussi importantes à découvrir, ou encore à redécouvrir.
En entrevue, la programmatrice de la Cinémathèque insiste aussi beaucoup sur le côté rassembleur du cinéma. Car s’il est généralement possible de voir les films proposés dans le confort de son salon, notre cinéma maison souffre de deux lacunes: tout d’abord, le côté « événementiel » disparaît. Voir un film cesse alors d’être un moment collectif pour devenir une expérience purement individuelle.
Ensuite, selon ce qu’affirme Apolline Caron-Ottavi, se priver d’une projection en 35 mm, c’est se priver d’une qualité d’image, mais aussi, là encore, d’une expérience particulière, y compris un « grain spécifique », précise-t-elle.
L’invitation est donc lancée: que l’on aime les westerns, les films dramatiques, les films avec des fusillades, ou encore les films d’animation, le nouveau cycle de projections de la Cinémathèque vise à combler les amateurs, tout en offrant suffisamment de découvertes pour assurer l’intérêt des cinéphiles. À découvrir, pendant deux mois.





