Qu’est-ce qui influence le plus le développement du cerveau d’un enfant pendant ses 5 premières années? L’alimentation, la génétique, le Q.I.? Une étude suggère que le facteur le plus déterminant, c’est le statut socioéconomique.
Il faut se rappeler que la « construction » du cerveau aspire plus de la moitié des calories que consomme un enfant. Ce n’est donc pas une fausse piste lorsqu’on envisage l’alimentation comme facteur déterminant à la bonne mise en place des connexions neuronales, elles qui serviront à la mémoire, à l’apprentissage du langage et à la perception du monde en général.
Mais l’alimentation ne vient pas dans un vacuum, constatent les chercheurs de l’École de médecine de l’Université Washington, au Missouri, qui viennent de publier une synthèse de 12 000 « scan » (imagerie par résonance magnétique) de cerveaux d’enfants de 9 et 10 ans. Et ils concluent que le statut socioéconomique des parents — le revenu, le taux de pauvreté du quartier, l’accès aux ressources comme les supermarchés ou les loisirs — correspond à 16% des variations dans les fonctions du cerveau: c’est davantage que, entre autres, l’historique de santé.

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Les données sur les imageries par résonance magnétique proviennent d’une étude appelée Adolescent Brain Cognitive Development, un projet à long terme de suivi de la santé des enfants et du développement cérébral.
La nouvelle étude est parue le 11 juin dans la revue Science. Les chercheurs ont analysé 649 facteurs, incluant aussi le temps d’écran, la santé physique et mentale, les amitiés, le sommeil, le stress, etc. Ces facteurs ont été regroupés en 12 catégories, l’une d’elles étant donc les conditions socioéconomiques.
Sur les 40 facteurs montrant le plus gros impact sur les fonctions cérébrales, 37 étaient liés aux conditions socioéconomiques. Sur les 40 facteurs les plus associés aux structures du cerveau, 35 étaient liés aux conditions socioéconomiques. Les chercheurs écrivent aussi que ces facteurs sont davantage associés aux zones du cerveau impliquées dans le mouvement et le traitement des sens — zones que l’on sait sensibles au stress et au manque de sommeil.
Quant au Q.I. des parents, jadis associé, à tort, à une « signature » dans le cerveau de leurs enfants, il disparaît complètement comme facteur: il serait une « illusion » causée par les avantages qu’amène un statut social privilégié.





