Qui aurait cru que des excréments d’écureuils puisse cacher autant de secrets? Les chercheurs qui ont annoncé la semaine dernière avoir identifié, dans des crottes fossilisées, des segments de génomes de mammouths, de chevaux, de bisons, de vers et de plantes, ont d’un seul coup ajouté beaucoup de connaissances sur la faune et la flore du Yukon, à différentes époques s’étalant de 30 000 à 700 000 ans.
En tout, ce sont 200 espèces différentes de plantes qui sont décrites dans leur étude, parue le 9 juin dans la revue Nature Communications.
Il ne faut pas s’imaginer que l’écureuil terrestre de l’Arctique (Urocitellus parryii) mangeait du mammouth. L’ADN contenu dans les crottes conserve simplement des traces « d’ADN environnemental » —c’est-à-dire tout ce qui se « disperse » dans l’environnement de l’écureuil.

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C’est en vertu du même principe que, ces dernières années, des chercheurs ont ramassé beaucoup d’informations inédites sur des écosystèmes marins en « récoltant » des échantillons d’eau de mer.
S’ajoute à cela, dans ce cas-ci, l’avantage d’avoir traversé une ère glaciaire : les crottes anciennes, ou coprolithes, ont été préservées plus longtemps. « Lorsqu’elles sont préservées dans le pergélisol sur d’immenses périodes de temps, les crottes de matières fécales peuvent conserver de l’ADN environnemental ancien qui aide à reconstituer des communautés passées », lit-on dans l’étude.
Il y a aussi le fait qu’il s’agit d’un type d’écureuil terrestre (à ne pas confondre avec l’écureuil arboricole), qui hiberne huit mois par année dans des régions froides de la Sibérie et de l’Arctique canadien. Lorsqu’il sort finalement de son terrier, il est hyperactif et doit manger autant de choses qu’il en est capable et en entreposer autant que possible dans sa cachette, explique l’expert en génomique de la biodiversité Tyler Murchie, de l’Institut Hakai en Colombie-Britannique, auteur principal de la recherche.
Murchie décrit ces écureuils comme des « archivistes naturels ».





