Il y a quelque chose d’indémodable, dans le journalisme à l’ancienne. On peut aisément imaginer des reporters portant un chapeau où l’on a coincé une carte « Presse », l’atmosphère enfummée des salles de rédaction, ou encore ces appareils photo dont le flash provient d’une ampoule à usage unique. Et dans Fit to Print, un jeu de société conçu par Peter McPherson, c’est l’occasion de revisiter cette autre époque, aujourd’hui révolue.
Le concept est simple: il faut monter trois copies du journal en ajoutant, dans notre canevas, des articles, mais aussi des photos… Sans oublier des publicités, qui permettent évidemment de garder les lumières allumées.
Sauf que… Sauf que cela serait trop simple: le concepteur du jeu a décidé de corser les choses en ajoutant certains paramètres qu’il faut impérativement respecter, sous peine de pénalité.
Tout d’abord, des articles d’un même genre ne peuvent être contigus, pas plus que des photos, ou des publicités, ne peuvent être côte à côte.
Ensuite, chaque article comporte une connotation d’humeur, c’est-à-dire une indication à savoir si un texte est une nouvelle positive ou négative. Et si l’on produit un journal trop positif, ou encore trop négatif, attention!
Gare, aussi, à ne pas laisser trop d’espaces libres sur notre surface de jeu.
Comme si tout cela ne suffisait pas, il faut piocher nos articles, photos et publicités à partir d’une pile rassemblant l’ensemble de ces options, qui forment des tuiles de taille différente, et qui sont d’abord placées face contre table. Cette pige s’effectue à une seule main, et s’il est possible de rejeter certaines tuiles, celles-ci seront alors placées face vers le haut dans la pioche, ce qui permettra aux autres joueurs de savoir à quoi s’en tenir.
Bien entendu, on aura tendance à vouloir accumuler le plus de tuiles possible, histoire de maximiser les permutations possibles, lors de la phase de pointage. Cependant, là encore, l’écueil nous guette: chaque contenu qui ne finit pas dans notre journal nous coûtera des points.
Et une fois que l’on aura compris toutes ces consignes, que l’on se pensera en mesure de respecter toutes ces restrictions, Fit to Print nous réserve encore une surprise: il faudra choisir nos contenus et les placer dans notre journal en moins de quatre minutes. Idéalement, en fait, il faudra être le premier ou la première à terminer sa mise en page, histoire d’avoir un avantage au début du tour suivant.

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On pourrait penser que cela fait beaucoup de règles… et on aurait peut-être un peu raison. Surtout que l’on nous propose toutes sortes de modificateurs permettant d’ajouter des couches de complexité, avec des restrictions changeant en fonction des jours, des options pour jouer en solo, etc.
Mais fort heureusement, les règles de base s’apprennent en quelques minutes, et il s’agit, alors, de peut-être davantage viser à perdre le moins de points possible, face à ses adversaires, plutôt que d’en gagner le plus grand nombre.
D’ailleurs, si le jeu est bien prenant à deux, à quatre, voire six joueurs, la chose doit rapidement devenir joyeusement chaotique.
Jeu endiablé, accessoires, tuiles et pions de bonne qualité… Le tout avec un concept qui plaira évidemment aux gens pratiquant déjà le métier de journaliste, mais aussi aux néophytes; Fit to Print est un excellent jeu qui ne prendra qu’une vingtaine de minutes par partie.
On regrettera certaines règles un peu obscures, ainsi qu’une méthode de décompte des points qui pourrait être plus claire, mais autrement, l’exercice est un sans faute. À découvrir.





