On peut imaginer, dans le jeu de survie à la sauce viking ASKA, qu’explorer notre île, hache en main, ou encore partir à l’aventure, dans notre drakkar, sont des activités palpitantes. Le problème, dans ce titre développé par Sand Sailor Studio, c’est que pour atteindre cette étape et – imagine-t-on – vraiment commencer à s’amuser, il faudra d’abord souffrir. Longtemps.
Souffrir, oui, car si l’inclusion de mécaniques de faim, de soif et de température corporelle ne sont rien de nouveau, dans cette branche des divertissements vidé0ludiques, et que s’il est depuis longtemps devenu normal de devoir commencer une aventure en récoltant tout ce qui bouge pour fabriquer une arme digne de Cro-Magnon, avant d’évoluer vers des technologies plus avancées, il faut savoir doser.
Dans ce contexte, doser veut dire laisser entrevoir, au bout d’un chemin relativement long, quelque chose d’excitant, de différent. Certes, cette idée de reconstruire notre tribu, après avoir fait naufrage sur une île étrange, une mission apparemment commandée par des forces surnaturelles, est intéressante.
Ce qui l’est beaucoup moins, c’est de constater à quel point, presque deux ans après son lancement en accès anticipé, ASKA et ses développeurs ne semblent pas avoir compris qu’il était possible de nous faciliter (légèrement) la vie.

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Il n’est franchement pas normal qu’en voulant récupérer un simple caillou, caillou qui n’est souvent visible qu’en appuyant sur une touche permettant d’illuminer brièvement les ressources disponibles, il soit nécessaire d’être exactement au bon endroit, et avec le bon angle. Vous êtes trop près? Impossible de ramasser ladite pierre. Vous ne regardez pas le caillou de la bonne façon? Bonne chance si vous voulez récolter la roche en question.
Le même type de frustration nous attend lorsque nous voulons couper du bois: habituellement, en abattant un arbre dans ce type de jeu, soit nous obtenons immédiatement l’ensemble des ressources que cela représente (branches, feuilles, billots, etc.), soit il est possible, en appuyant sur une seule touche, d’amasser rapidement ce que nous avons fait tomber au sol.
Ici, impossible d’agir de la sorte: chaque récolte de ressource nécessite de maintenir une touche enfoncée pendant une seconde, voire plus. S’agit-il d’une façon d’imiter la vraie vie, où il faut toujours un peu de temps, bien entendu, pour se pencher et ramasser quelque chose?
Il y a sans doute une réflexion à avoir sur la représentation du travail et des « tâches réelles » dans les jeux vidéo, mais dans un contexte où l’on se glisse dans la peau d’un(e) Viking ayant reçu l’équivalent d’un commandement divin pour explorer un monde inconnu, devoir accomplir quantité de simagrées pour ramasser une foutue pierre s’avère être une expérience frustrante, plutôt qu’une occasion de débat philosophique.
À voir les critiques largement positives, il est clair qu’ASKA convient à un public précis, et que c’est justement ledit public, sans aucun doute, qui est prêt à endurer des heures de tâches répétitives pour obtenir enfin la dose de dopamine désirée. Mais pour les autres, ceux qui s’intéressent au genre en dilettantes, il existe de bien meilleures options.
ASKA (en accès anticipé)
Développeur: Sand Sailor Studio
Éditeur: Thunderful Publishing
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu disponible en français (interface et sous-titres)





