C’est la suite que l’on n’avait pas vu venir: en 2019, les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett proposaient Ready or Not, une comédie d’horreur racontant l’histoire d’une jeune épouse forcée de combattre sa nouvelle belle-famille, celle-ci devant réaliser un sacrifice humain afin de conserver son pacte avec le diable. Et sept ans plus tard, les mêmes deux hommes proposent Ready or Not 2: Here I Come, qui propose un deuxième regard pas entièrement nécessaire sur cet univers maléfique.
Univers, oui, car Grace (Samara Weaving) a beau avoir survécu à la famille Le Domas, voilà que la disparition de ces derniers laisse une place vacante au sein d’un conseil réunissant des familles particulièrement puissantes, qui sont toutes aidées par le Malin. Mais le diable est littéralement dans les détails, dans tous les sens du terme, et la jeune femme devra survivre à une nouvelle chasse à l’homme impliquant toujours plus de participants.
Le premier film était franchement sympathique, et avait l’avantage d’être contenu en lui-même: un décor idéal (un gigantesque manoir avec ses passages secrets), une ambiance lugubre, une belle-famille complètement dysfonctionnelle, une distribution particulièrement solide (Henry Czerny, Andie MacDowell, Elyse Levesque, Adam Brody, Mark O’Brien, etc.), et une finale particulièrement efficace.
En soi, l’idée d’élargir l’univers dans lequel évolue notre personnage principal n’est pas mauvaise; le spectateur fera la connaissance de la soeur de l’héroïne (Kathryn Love Newton), mais aussi d’une nouvelle fournée de méchants. Sans oublier, bien entendu, les nouvelles règles qui permettent de faire fonctionner tout ce monde sacrifiant des chèvres (et des humains, à l’occasion) au propriétaire des enfers.
Sauf que dès le départ, l’idée d’une nouvelle partie de cache-cache mortelle semble un peu forcée. Surtout que les événements du deuxième film se déroulent immédiatement dans la foulée de ceux du premier. À un point tel, en fait, que notre héroïne revêtira de nouveau sa robe de mariée, maintenant entièrement tachée de sang, de viscères et d’autres liquides douteux, plutôt que d’enfiler d’autres vêtements.

Vous aimez nous lire et nous écouter? Pour continuer de vous offrir nos contenus, nous avons besoin de vous.
Pour seulement 5$ par mois, contribuez au succès de Pieuvre et obtenez l’accès à La Voûte, une série d’épisodes exclusifs du podcast Rembobinage. Abonnez-vous dès aujourd’hui!
Une idée forcée, soit, mais qui sommes-nous pour nous priver d’une nouvelle dose de violence excessive et de gore? Cette fois, le terrain de jeu est un peu plus grand, et notre héroïne (et sa soeur) savent à quoi s’en tenir. Adieu, donc, à cette jeune femme en détresse; il faut plutôt parler de quelqu’un qui en a franchement marre d’être impliqué, contre son gré, dans des histoires de suppôts de Satan.
Première surprise, dans cette suite: la quantité d’acteurs connus qui se sont prêtés au jeu. Non seulement a-t-on Elijah Wood, en avocat des enfers, mais aussi David Cronenberg, qui joue le patriarche de l’une des grandes familles impliquées dans cette chasse à l’homme. Sa fille est d’ailleurs interprétée par nulle autre que Sarah Michelle Gellar.
Quant au fils du personnage de Cronenberg, les amateurs de l’excellente série The Pitt seront déstabilisés: après avoir vu le Dr Abbott sauver des vies (et séduire bien des gens au passage), s’attendait-on à voir l’acteur Shawn Hatosy jouer un psychopathe meurtrier?
Quoi qu’il en soit, Ready or Not 2 propose quelques scènes qui viendront satisfaire qui les amateurs de violence gratuite, qui ceux et celles qui recherchent des gags. Y compris cette bataille, entre deux personnages ayant reçu du gaz poivré dans les yeux, et qui se battent dans le vide sans jamais toucher l’autre.
Cela ne nous empêche pas, cependant, de trouver l’ensemble… oubliable? Exit le manoir, exit le mystère, exit le thème du jeu auquel il faut jouer pour contenter le diable. Nous avons donc un film plus beige, moins audacieux. Difficile de faire mieux lorsque l’on nous sert largement du réchauffé, après tout.
Bref, Ready of Not 2 est un divertissement correct, mais qui n’a malheureusement pas le je ne sais quoi du premier de la série.





