À quel moment une tablette devient-elle un ordinateur portatif en bonne et due forme? La tendance ne date pas d’hier, avec tous ces claviers portatifs pouvant se connecter par Bluetooth, par exemple, mais dans le cas de la ROG Flow Z13 d’ASUS, il y a lieu de se demander si nous ne sommes pas dans un étrange monde électronique.
Étrange, oui, car si l’on peut certainement apprécier les performances de ce nouvel appareil, une version revampée du modèle précédent, avec des composantes plus puissantes, une meilleure autonomie, davantage de connectivité, etc., on en vient un peu à se demander ce qui pourrait en justifier l’achat.
Lorsque vient le temps de s’équiper en matière d’ordinateur portable, voire même de tablette, on en revient toujours, nécessairement, à l’opposition entre puissance et légèreté. Vous voulez les deux à la fois? Il faudra faire des compromis, que ce soit sur le poids de l’engin, son côté bruyant, ou encore sa capacité d’effectuer des tâches exigeantes.
Et pour cette tablette pour joueurs qu’est la Flow Z13, les résultats de ce délicat équilibre sont évidents. Déjà, nous avons ici un appareil de 1,2 kg, voire 1,6 kg si on lui attache le clavier fourni. Rien qui ne soit excessivement lourd, certes, mais probablement pas le genre de tablette que l’on tiendra à bout de bras, au-dessus de sa tête, pour écouter Netflix en étant confortablement glissé sous les draps.
De la puissance à revendre
Il faut cependant rendre à César ce qui lui appartient: il s’agissait de la première fois où, en testant des tablettes similaires, ce journaliste a été en mesure de faire tourner, sans aucun problème, des jeux passablement exigeants, notamment des jeux de tir à la première personne.
En ce sens, la carte graphique embarquée Radeon 8060S est tout à fait respectable. Rien qui ne nous permette de faire tourner un jeu avec effets visuels poussés au maximum, le tout en résolution 8K, mais assez de puissance pour pouvoir se permettre une séance de jeu où les réflexes et la qualité des images sont essentiels pour tenter de l’emporter. Avec moult ricochets, débris lancés dans les airs et hémoglobine qui éclabousse, s’il vous plaît.
Mais c’est aussi en mitraillant allègrement des ennemis dans Trepang 2, par exemple, que l’on constate que la Flow Z13 est par définition limitée. Même si l’on installe le tout sur une surface plane, notamment à l’aide du pied intégré dans le châssis, il n’en demeure pas moins que l’appareil ne dispose que d’un écran de 13,4 pouces de diagonale. Pour du travail hors de la maison, c’est tout à fait satisfaisant, mais pour jouer, c’est un peu faible.
Autre pierre d’achoppement: si le clavier fourni a été repensé, nous dit-on, avec des touches plus larges et un meilleur pavé tactile, cela demeure un clavier portatif dont l’espace est évidemment plus limité qu’un clavier traditionnel. Et donc, pour utiliser cette bonne vieille combinaison de touches WASD (et les autres lettres associées à la recharge de son arme, à la glissade, au fait de s’accroupir, etc.), eh bien, on constate que l’exercice n’est pas spécialement agréable.
Pour régler ces deux problèmes, la solution est évidente: brancher un écran externe via le port HDMI de la tablette, et connecter un clavier via Bluetooth ou USB. Mais tant qu’à y être, pourquoi ne pas acheter carrément un ordinateur portable dédié aux jeux? Ou, si l’on franchit une étape de plus, un PC traditionnel? Car pour 3000$, bien franchement, la tablette ROG Flow Z13 est chère. Très chère.
Nous voilà donc à nous demander si cet appareil vaut la peine. Bien franchement, il est permis d’en douter. Si l’on veut un portable ou une tablette pour travailler en-dehors de la maison, pourquoi ne pas acheter un appareil destiné au boulot, avant de se rabattre sur un Steam Deck ou sur le très bon ROG Ally X, aussi fabriqué par ASUS? On risque d’y gagner au change…





