Nadia Labrie et la passion de Mozart

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Dans le prolongement de sa série d’enregistrements ayant pour préfixe Flûte passion, Nadia Labrie lance ces jours-ci Flûte passion : Mozart. Pour cet album Analekta, Labrie est entourée d’Antoine Bareil, violon; Isaac Chalk, alto et Benoît Loiselle, violoncelle. Au programme, quatre quatuors pour flûte, violon, alto et violoncelle ainsi qu’un andante.

Dans le livret, Mme Labrie confie qu’elle a eu envie d’enregistrer ces pièces de Mozart pour se consoler des affres de la pandémie et combler un peu le vide de la solitude : pour se et nous réconforter quoi ! On ne peut contester ce choix.

Dans l’allegro du Quatuor en do majeur, on note une touche de mystère qui surprend au milieu de toutes ces harmonies très classiques et néanmoins jolies. Alors que dans le menuet du Quatuor en la majeur, la flûte de Labrie nous donne aisément envie de danser.

Pour une des rares fois chez Analekta, le rendu sonore est décevant. J’aime pouvoir ressentir les vibrations de la contrebasse, avoir l’impression d’être à assis à seulement quelques mètres de la scène, mais, ici, trop de vibration, trop de flou. Hélas, la musique de Mozart étant de la pure orfèvrerie, taillée avec la plus grande précision, le moindre aspect brouillon est tout de suite visible. Et cela fatigue tout au long de l’écoute. Précision bien ici que le problème semble provenir de la prise de son ou de ses suites et non de l’interprétation.

En effet, c’est dans un bel ensemble que s’exécutent les membres du quatuor, chacun ayant sa part belle à un moment donné ou à un autre même si la nature des cinq œuvres est surtout organisée autour de la flûte qui, pour contredire un certain Claude Gingras, n’est surtout pas un art mineur.

Pour bien compléter cette incursion parmi la bibliothèque des œuvres de Mozart commandées par des particuliers, l’Andante en do majeur, K. 315, est un excellent choix, tout en finesse et en subtilité avec de très belles notes tenues à la flûte. Voilà, nous pouvons nous dire au revoir sur ce petit nuage.

Au programme:

Quatuor en ré majeur, K. 285

Quatuor en sol majeur, K. 285a

Quatuor en do majeur, K. 285b

Quatuor en la majeur, K. 298

Andante en do majeur, K. 315

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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