Rien dans le ciel, mais quelque chose à l’horizon

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Rien dans le ciel est le quatrième ouvrage de Michael Delisle qui est publié chez Boréal. Il s’agit d’un recueil de huit nouvelles de huit à 25 pages. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces fiers petits bricolages littéraires sont bien différents les uns des autres et c’est certes là que réside un des principaux défis que doivent relever les auteurs de nouvelles.

Autant Delisle s’efforce de varier les sujets, les personnages et les trames narratives, autant nous pouvons être certains de le reconnaître dans chaque opuscule. Ce qui traverse ce recueil de part en part, c’est un ton, une sensibilité qu’on se plaît à retrouver, qu’on attend. Mais c’est aussi une certaine réflexion sur la finitude, sur la capture nécessaire du moment présent.

La première nouvelle, intitulée Moloch-Baal, est très courte, pertinente et efficace. Les références bédéesques qu’on y retrouve ont eu pour moi un parfum de nostalgie.

Nuit sans lune rassemble davantage la structure et les qualités de la nouvelle classique : mise en place rapide, psychologie des personnages élaborée en peu de mots et dénouement inattendu. Voilà quelque chose de profond et savoureux.

La troisième nouvelle prend des allures plus mystiques et rate un peu la cible, selon moi.

Chauffeur un été n’offre pas vraiment de prise, pas plus que de véritable conclusion : à quelle heure le punch ? se demande-t-on.

Dans Le mort qui patine, la ligne conductrice semble superficielle et la fin l’est encore plus : c’est un peu triste. Et, soudain, avec Encore plus l’Asie, on renoue avec les bonnes accroches, comme dans les deux premiers titres, on se laisse entraîner. On se plaît même à imaginer la fin. Une fin qui arrivera avant la fin tout en étant, comment dire, sans fin. Voilà une belle façon de conclure ce recueil qui, quoi qu’étant inégal, nous invite à ne pas bouder notre plaisir.

Michael Delisle publie poésie, romans et nouvelles depuis 1985. Il a été finaliste, mais aussi lauréat de plusieurs prix littéraires. Il est récemment retraité de l’enseignement de la littérature au collégial.

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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