The Division 2 – Warlords of New York: chaos dans la Grosse Pomme

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Il y a quelque chose à dire à propos de la capacité des gens de chez Ubisoft de prendre The Division 2, un jeu gâché sur le plan scénaristique, et d’en tirer l’essentiel pour proposer Warlords of New York, une expansion qui réussit non seulement à sauver les meubles, mais à offrir une expérience diversifiée, enlevante, et, disons-le, franchement agréable.

Le principe de base demeure le même: après avoir suffisamment rétabli l’ordre à Washington DC, suite à la chute du gouvernement américain dans la foulée d’une attaque bioterroriste d’ampleur nationale, voire planétaire, le joueur est appelé à retourner à New York City, le site où se déroulait le premier jeu de la série. Cette fois, il n’est plus question de rétablir le contrôle des autorités civiles sur la mégalopole américaine – avec l’aide de The Division, sorte d’organisation paramilitaire servant de « dernier recours » contre le chaos –, mais plutôt de donner la chasse à cinq anciens agents de ladite organisation qui ont décidé de se déclarer seigneurs de guerre.

Le chef de ces rebelles, Aaron Keener, a lancé une nouvelle attaque virale contre ce qui restait de forces du « Bien », tuant probablement des dizaines de personnes sur le coup, avant de préparer quelque chose de bien plus sinistre encore…

L’idée est classique: dans un jeu tournant autour d’une épidémie créée de toute pièce en laboratoire, quoi de mieux qu’un autre virus comme arme d’un nouveau « super méchant »? Pourtant, l’intérêt de la chose, ici, est double: non seulement les lieutenants de Keener possèdent-ils chacun des caractéristiques propres, qui feront ainsi varier leurs défenses et leurs armes (qu’il s’agisse de drones, d’illusions d’optique, ou encore du recours à des hordes de fantassins munis de lance-flammes, par exemple), mais les développeurs d’Ubisoft ont finalement compris que la surcharge de choses à faire, qui est hélas monnaie courante dans les gens en « monde ouvert », méritait finalement d’être chose du passé.

Finies, donc, les cartes regorgeant de divers symboles, chacun représentant une mission à accomplir, un objectif à atteindre, un territoire à reprendre, un objet à ramasser, etc. Il y a bien sûr quelques missions secondaires, mais on est bien loin de l’orgie de tâches ultimement répétitives et ennuyantes des deux jeux principaux. Mieux encore, le joueur est alors libre de se concentrer sur la quête principale, dont chaque partie comporte une série de sous-quêtes relativement diversifiées, dans des décors qui le sont tout autant.

Sans grande surprise, cependant, on retrouve cette même glorification de la chose militaire. Pas qu’il soit étonnant qu’un jeu tournant autour des armes à feu comporte à peu près un milliard d’armes et d’accessoires de toutes sortes (et ce, même si Borderlands était plus audacieux et plus baveux, en ce sens), mais les ennemis sont généralement des adversaires littéralement sans visage, avec un masque ou un casque sur la tête. Si certains groupes semblent avoir une idéologie, comme les Cleaners, qui veulent éradiquer la maladie par le feu (et bien des gens aussi, par la même occasion), et si Keener a certainement une vision pour la suite des choses, il y a toujours Black Tusk, un mystérieux groupe de mercenaires dont la principale occupation semble être de posséder une quantité incalculable de matériel militaire haut de gamme.

Que cherchent-ils? Qui leur fournit ce matériel? Les États-Unis comptent-ils simplement un nombre infini de milices capables de mobiliser des hydroglisseurs, des blindés, des drones et des centaines de soldats? Et ce, même après la chute du gouvernement et la disparition fort probable de la majorité des chaînes logistiques pour se ravitailler en carburant, en nourriture, en munitions?

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas hélas pas avec une seule expansion que The Division 2 sera absous de tous ses torts. Cela étant dit, l’expansion Warlords of New York est franchement divertissante, et on s’y aventure joyeusement, le doigt sur la gâchette. Une dépense tout à fait appropriée s’il est possible de se procurer le tout lors d’une vente.

The Division 2 – Warlords of New York

Développeur: Massive Entertainment

Éditeur: Ubisoft

Plateformes: Xbox One, PlayStation 4, Windows, Stadia (testé sur Windows / Origin Connect)

Jeu disponible en français

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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