Rétroctopode – Serious Sam et une première rencontre qui s’étire

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Personne n’avait vraiment vu venir les gens de chez Croteam, en 2001, lorsqu’ils ont lancé Serious Sam: The First Encounter. C’était trois ans après la bombe de Half-Life, à l’époque où les jeux de tir à la première personne étaient largement des choses structurées, avec des scénarios touffus et une progression linéaire. Débarque pourtant Sam, avec ses gros bras et ses multiples armes, qui allait tout casser.

À moins d’un an de la sortie de Halo, qui allait lui aussi provoquer une petite révolution, Serious Sam rappelle les jours glorieux des FPS, au milieu des années 1990. De gigantesques arènes, de nombreuses armes, des zones parfois peuplées de dizaines d’ennemis qui chargent en même temps, des environnements vastes… Tout est à l’opposé des titres presque claustrophobiques qui font évoluer le joueur le long d’un corridor. Et le scénario est à l’avenant: pour contrer des forces extraterrestres, Serious Sam, le dernier espoir de l’humanité, est envoyé en Égypte antique… où se trouvent déjà les méchants. Il faudra y vaincre des centaines d’ennemis pour finalement triompher Mental, le superméchant en chef. Jusqu’à la prochaine fois, bien sûr.

Ce qui surprend, dans Serious Sam, c’est la fluidité du jeu. Au diable les convenances, notre personnage peut courir et circuler librement dans les niveaux de grande taille qu’il faudra nettoyer. Pas question de se cacher derrière un muret pour attendre que nos points de vie se regénèrent… Les mécaniques de jeu sont à l’ancienne, avec des bonis à ramasser autant pour les points de vie que pour l’armure. Et ces mêmes bonis flottent au-dessus du sol et tournent sur eux-mêmes, histoire d’être bien visibles.

Tout cela est bel et bon, et fort divertissant pendant deux ou trois niveaux, mais une certaine fatigue s’installe rapidement, pour ne pas dire une fatigue certaine. La raison en est fort simple: forcer le joueur à survivre à une arène remplie de monstres à deux, trois, voire quatre reprises, passe encore. Mais répéter le tout à chaque niveau, avec une difficulté croissante, et vous finissez par ennuyer profondément votre clientèle cible.

Et même en utilisant les codes pour se donner des points de vie infinis et l’intégralité de l’arsenal offert dans le jeu, celui-ci donne l’impression que les développeurs ont manqué d’idées à mi-parcours. Hordes d’ennemis tous similaires, changement d’environnement, hordes d’ennemis tous similaires… À croire que les gens qui se sont montrés impressionnés par Serious Sam n’y ont joué que quelques minutes.

Peut-être que les normes d’appréciation en la matière ont changé, en 20 ans. Après tout, la série a eu droit à de nombreuses suites, versions remasterisées, etc. Serious Sam 4 est justement sorti, en septembre dernier, et a eu droit à des critiques plus que positives. Il y a donc un marché pour ce genre de choses plus grandes que nature qui tombent parfois dans la plus totale absurdité. Malgré tout, force est d’admettre que Serious Sam 1 a franchement mal vieilli.

Serious Sam: The First Encounter

Développeur: Croteam

Éditeur: Gathering of Developpers

Plateformes: Windows (GOG, Steam, etc.), Xbox (toutes les générations), Nintendo Switch, PlayStation 4 – Testé sur Windows (GOG).

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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