En pleine pandémie, la nourriture est moins importante pour les hommes

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Les hommes sont généralement moins portés à faire preuve d’empathie envers les travailleurs étrangers temporaires qui sont envoyés récolter les aliments dans les champs, mais ont aussi moins tendance à considérer les stocks de nourriture et les chaînes d’approvisionnement et de production comme des enjeux de sécurité nationale, selon une étude menée par un chercheur de l’Université d’État de Washington.

Cet aspect spécifique lié au genre des participants diffère du reste de l’étude effectuée par le chercheur en question. Les travaux ont été menés avant et pendant la pandémie, et ont été publiés dans Applied Economic Perspectives and Policy par Jeff Luckstead, professeur adjoint à l’école des sciences économiques de l’université, ainsi que par Rodolfo M. Nayga et Heather A. Snell, tous deux de l’Université de l’Arkansas.

Sans égard à cette particularité liée au genre, l’étude a révélé qu’en moyenne, les gens ont effectivement changé d’avis à propos de l’importance de la nourriture pendant la pandémie. La crise les a également poussés à être plus empathiques envers les travailleurs agricoles temporaires.

Les chercheurs ont constaté que le genre des répondants jouait aussi un rôle d’autres façons. Généralement, les hommes croyaient que les ordres de confinement et leurs impacts économiques n’étaient pas justifiés. Les hommes ont aussi davantage tendance à juger que le fait de devoir « rester chez soi » était une exagération de la part des autorités locales et régionales. Les points de vue politique des participants à propos de l’immigration n’ont toutefois pas changé.

« La plus grande surprise fut de constater à quel point le genre jouait un rôle important pour déterminer les réponses », a dit M. Luckstead. « C’était le seul facteur statistiquement significatif pour toutes les questions que nous avons posées. »

Spécialisé en commerce agricole et en analyse de politiques, M. Luckstead s’intéresse aussi à l’immigration et à son rôle dans les domaines de l’agriculture et de la production de nourriture.

Un secteur économique peu apprécié?

Le chercheur et ses collègues ont posé neuf questions à leurs participants. Celles-ci étaient réparties en deux ensembles: les questions posées avant et pendant la pandémie, et celles posées simplement avant l’éclatement de la crise.

Parmi ces questions, les participants ont eu à évaluer leur biais à propos des politiques migratoires, en allant de très progressiste à très conservateurs. Ils ont également dû évaluer l’importance accordée à la production de nourriture pendant la crise de la COVID-19.

D’autres questions visaient ensuite à déterminer le point de vue des répondants à propos des mises en confinement et de leurs dégâts économiques.

Les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux gens gagnant plus de 50 000 $ par année, ceux ayant complété des études aux cycles supérieurs, et les retraités.

« Nous voulions obtenir un échantillon de la population qui serait davantage portée à effectuer du travail agricole », précise M. Luckstead. Celui-ci a ajouté que les travailleurs locaux sont particulièrement sous-représentés dans le secteur économique de la production agricole.

Il faut se demander, avance M. Luckstead, pourquoi les travailleurs d’ici n’ont pas voulu aller travailler en agriculture, même après les importantes pertes d’emplois associées à la COVID-19.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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