La pandémie, « tueuse » de l’économie?

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De moteur de croissance à création maintenue en vie au prix de très importants efforts: la pandémie de COVID-19 aura réussi, en quelques mois à peine, à complètement chambouler la perception des économies nationales de 14 pays répartis un peu partout dans le monde, révèle une récente enquête du Pew Research Center. Ainsi, seuls 31% des adultes sondés estiment que la situation économique est bonne, actuellement, contre 68% qui pensent le contraire.

Toujours selon les résultats de ce coup de sonde international, peu de participants jugent que la situation économique ira rapidement en s’améliorant.

Et dans 10 des 14 pays sondés, y compris toutes les nations examinées en Amérique du Nord et dans la région Asie-Pacifique, la majorité des répondants estiment que l’économie va mal.

Sans grande surprise, en Europe, les habitants des pays les plus touchés par l’épidémie sont ceux où les participants au sondage ont le point de vue le plus négatif de leur économie nationale. Ainsi, en Italie, 90% des répondants jugent que l’économie va mal, contre 84% en Espagne, 81% en France et 79% au Royaume-Uni. En Belgique, également, où le nouveau coronavirus a fait d’importants ravages, proportionnellement parlant, quelque 67% des sondés partagent le même point de vue.

En Allemagne voisine, toutefois, où les méthodes de détection, de protection et d’isolement ont probablement permis d’éviter le pire, 51% des personnes interrogées ont plutôt un point de vue positif sur l’état de l’économie. Et cette tendance se poursuit dans les pays d’Europe du Nord et de Scandinavie. Y compris en Suède, où 68% des répondants estiment que l’économie se porte bien, malgré le fait que le pays ait misé sur une politique d’immunité collective, qui lui a valu d’enregistrer plus de décès, proportionnellement parlant, qu’à peu près n’importe où au monde.

Au Japon et en Corée du Sud, environ 85% des participants à l’enquête affirment que l’économie nationale va mal, malgré la réussite relativement marquée dans la lutte contre la maladie. Car qui dit prévention et protection contre la COVID-19 dit bien souvent fermeture de commerces, des restaurants et des bars, sans oublier l’obligation du télétravail pour éviter que le virus ne circule parmi des employés de bureau. Tout cela a bien entendu un impact marqué sur la santé économique d’un État, une réalité universelle dans le contexte de la pandémie.

En Amérique du Nord, enfin, la situation est relativement similaire au Canada, comme aux États-Unis. Ici, 61% des sondés croient que l’économie se porte mal, alors que cette proportion passe à 69% chez nos voisins du Sud. La différence majeure, cependant, est que si la population américaine est un peu plus de neuf fois plus importante que celle du Canada, le nombre de morts chez l’Oncle Sam est 21 fois plus grand que de ce côté-ci de la frontière.

L’avis des Américains est-il influencé par le fait qu’ils se trouvent dans le dernier droit d’une campagne présidentielle? Dans un contexte politique où prévaut, comme toujours, l’adage It’s the economy, stupid? Et où le président sortant, Donald Trump, s’appuie sur la bonne marche de l’économie pour tenter d’obtenir un deuxième mandat? Cela pourrait expliquer pourquoi la campagne Trump a si rapidement pivoté vers une autre marotte des républicains, la loi et l’ordre, pour tenter de faire oublier le triste état de l’économie et du marché du travail aux États-Unis, où les nouveaux chômeurs se comptent régulièrement par centaines de milliers, si ce n’est plus.

Une lente reprise

En plus de l’avis négatif à propos de la santé de l’économie, à peine 35% des répondants sondés sur la planète estiment que les choses s’amélioreront au cours des 12 prochains mois, alors que près de la moitié (46%) pensent plutôt que la situation empirera; 19% n’envisagent simplement pas de changement.

Au Royaume-Uni, en France, en Italie, au Japon et en Corée du Sud, on s’attend donc à la poursuite du plongeon économique, tandis que les personnes sondées se font plus optimistes aux États-Unis, au Canada et en Allemagne. Et bien entendu, ceux qui jugent que la situation économique est déjà difficile sont davantage portés à croire que les choses n’iront pas en s’améliorant, du moins pas pour la prochaine année, précise le Pew Research Center.

Ces idées à propos de l’éventuelle reprise sont aussi liées à la perception de la bonne gestion, ou non, de la pandémie par les gouvernements respectifs des sondés. Plus une personne estime que ses dirigeants ont mal agi pour protéger la population contre la COVID-19, plus cette même personne envisage un long marasme économique, indique le sondage.

Ceci est particulièrement vrai aux États-Unis, où ceux qui jugent que le gouvernement a mal géré la crise sont par ailleurs plus souvent d’obédience démocrate, et donc plus portés à être opposés aux républicains, qui contrôlent la Maison-Blanche et le Sénat.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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