Une peste noire, blanche et rouge pour Othercide

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Si la mort à répétition et un niveau de difficulté élevé ne vous rebutent pas, Othercide propose une esthétique unique avec ses graphiques monochromes teintés de rouge, en plus d’incorporer des éléments de « rogue-like » à ses mécaniques, qui en font le Dark Souls des jeux de rôle stratégiques.

Prenant place en 1897 au beau milieu d’une épidémie de peste noire, l’histoire de Othercide est plutôt vague, et se dévoile principalement par bribes, à travers les fragments de souvenirs que l’on récolte sur le champ de bataille. Terrassée par ses ennemis, la « Mère », une entité centenaire que tous croyaient immortelle, a légué ses pouvoirs à une nouvelle génération de guerrières avant de mourir, dans l’espoir que celles-ci perpétuent sa mission et protègent l’intégrité du « voile », une mince cloison séparant notre monde d’une dimension maléfique où règnent la souffrance et la folie. Ses héritières aux cheveux blancs doivent donc se rendre dans cet univers parallèle et livrer combat aux « Autres », afin d’empêcher ces créatures de cauchemar d’envahir peu à peu notre réalité.

Présenté dans une vue isométrique, Othercide sera familier à quiconque a déjà joué à un jeu de rôle stratégique, où les combats se déroulent au tour à tour plutôt qu’en temps réel. Une sélection de synapses apparaît quotidiennement dans le menu. Plus le niveau de difficulté choisi est élevé, plus les récompenses sont généreuses lorsqu’on les referme, ce qui consiste habituellement à éliminer entre cinq et neuf créatures maléfiques. Au bout de sept jours, un boss se manifeste. On contrôle jusqu’à trois personnages sur le terrain, dont le sol est divisé en tuiles individuelles. En plus de points de vie, chaque guerrière dispose également de points d’action, qui sont utilisés pour se déplacer, attaquer, ou utiliser ses habiletés. Lorsque tous nos points sont épuisés, c’est au tour de l’ennemi de passer à l’offensive.

Image tirée du jeu

Certaines actions dans le jeu sont instantanées, tandis que d’autres, plus dévastatrices, demandent un certain laps de temps avant de s’accomplir. Au bas de l’écran, Othercide affiche une chronologie dynamique des événements, annonçant d’avance le moment où chaque protagoniste passera à l’attaque, ce qui permet de se préparer à les esquiver, ou les interrompre. On compte trois classes dans le jeu : les « Soulslingers », spécialistes des armes à feu, les « Shieldbearers », dotées d’une lance et d’un bouclier, et les « Blademasters », adeptes au maniement de l’épée. Nos guerrières gagnent de l’expérience au fil des combats, et on a le choix entre deux nouvelles habiletés lorsqu’on atteint les niveaux 2, 5, 10 et 15. On peut également équiper les souvenirs récoltés, ce qui accorde des bonus offensifs ou défensifs.

En plus de son motif de peste, la mort est une composante essentielle de Othercide, et nos guerrières tombent régulièrement au combat. Intégrant des mécaniques de « rogue-like », le trépas est permanent dans le jeu, mais si on parvient à mettre la main sur un jeton de renaissance, il est possible de faire un tour au cimetière et de ressusciter les héroïnes décédées. Pour cette raison, il vaut mieux faire évoluer au moins six personnages à la fois, afin d’éviter de se retrouver pris au dépourvu avec des guerrières de faible niveau lorsqu’une bataille élimine notre équipe la plus chevronnée, ce qui arrive souvent, puisque le titre est impardonnable, et s’avère beaucoup plus ardu que les autres jeux du même genre.

Image tirée du jeu

Visuellement, Othercide possède une signature unique, et le titre s’affiche seulement en noir et blanc, ponctué de touches de rouge. L’esthétique est distinctement gothique, avec ses charognards aux longs tentacules flottants dans le dos, ses médecins de peste portant un masque en forme de bec leur donnant l’air de lugubres oiseaux de malheur, ses enfants damnés, et autres créatures horrifiques. Les tableaux sont constitués des zones restreintes, et sont, la plupart du temps, balayés par une pluie abondante augmentant le sentiment de désolation, mais offrent peu de variété, et finissent tous par se ressembler. Le lettrage affiché à l’écran est petit, et difficile à lire. Il y a bien une option pour agrandir celui des sous-titres, mais, pas ceux de l’ensemble du jeu, ou de l’interface.

Au-delà de son mince fil narratif, Othercide propose une expérience qui évoque beaucoup celle des échecs, et qui demande autant de réflexion et de stratégie. Ce titre à la difficulté considérable en fera sacrer plusieurs, mais conviendra parfaitement à ceux et celles qui apprécient les défis corsés.

7/10

Othercide

Développeur : Lightbulb Crew

Éditeur : Focus Interactive

Plateformes : PS4, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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