Greyhound, quand Tom Hanks voulait jouer au capitaine

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On ne compte plus les films de guerre se déroulant durant la Deuxième Guerre mondiale. Plus de trois quarts de siècle après la fin de ce conflit, la plus grande hécatombe de l’histoire de l’humanité continue de fasciner. Y compris au point d’amener Tom Hanks à se commettre dans Greyhound, un divertissement correct lancé sur Apple TV+.

Qui dit nouvelle plateforme de diffusion dit contenus exclusifs, après tout. Il y a eu The Morning Show, la série télévisée mettant en vedette Jennifer Anniston, Resse Whiterspoon et Steve Carrell, voilà que Tom Hanks accepte lui aussi la main tendue du géant californien. Cette fois, point de plateau télé, mais plutôt la passerelle d’un destroyer, le Greyhound, chargé d’escorter un convoi de ravitaillement parti des États-Unis en direction du Royaume-Uni, qui continue de vivre sous la menace du Troisième Reich. À la barre de son navire, Hanks devra d’ailleurs combattre un groupe de U-Boats, les terrifiants sous-marins allemands qui ont coulé plusieurs milliers de navires durant la longue et sanglante Bataille de l’Atlantique.

Réalisé par Aaron Schneider, qui n’avait alors à son actif que Get Low, un film de 2009 bien reçu par la critique, Greyhound semble à la fois vouloir défier les codes du genre et s’apparenter à la représentation d’un drame militaire que peut construire, dans son esprit, un adolescent ou un jeune homme épris de glorieux faits d’armes.

Car en effet, le film est vidé de presque tout le côté humain de ce genre de long métrage. Que sait-on, vraiment d’Ernest Krause, aux commandes de son destroyer? Une scène en compagnie d’une femme, au tout début du film, nous indique qu’il est amoureux, mais qu’elle n’était pas prête à s’engager. Autrement, c’est le néant, à l’exception de la foi très apparente du capitaine.

Non, Greyhound se déroulera comme une grande course-poursuite entre les sous-marins nazis et les destroyers formant l’escorte du convoi. Si les manoeuvres, les tactiques et les décisions stratégiques semblent toutes logiques et tirées de véritables guides de stratégie navale de la guerre de 1939-1945, il n’y a franchement rien de plus, dans ce film, qu’une série de combats navals. Cela ne veut pas dire que ceux-ci sont ennuyants, au contraire, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque quelque chose à ce film. Quelque chose comme une profondeur scénaristique, peut-être? Le film a beau s’inspirer du livre The Good Shepherd, paru en 1955, on serait bien en peine de penser que Greyhound est autre chose qu’un divertissement tout à fait correct. Pour les amateurs de films de guerre plus solides, il y a toujours Das Boot, après tout…


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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