Blood Machines, l’espace, le darksynth et les mamelons

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Bien honnêtement, s’attendait-on vraiment à quelque chose d’autre, dans le cadre du projet Blood Machines? Le space opera mi-punk spatial, mi-film de genre a finalement été rendu disponible, à la fin de la semaine prochaine, sur la plateforme de diffusion de films d’horreur Shudder. L’occasion de voir si cette collaboration attendue depuis belle lurette avec Carpenter Brut, le maître du darksynth, allait porter fruit.

Ce qu’il faut savoir, à propos du réalisateur de Blood Machines, c’est qu’il avait justement déjà travaillé avec l’artiste musical français pour réaliser le vidéoclip de la pièce Turbo Killer, l’un des titres les mieux connus de l’excellent album Trilogy. On y voyait une jeune femme y être transformée par un phénomène étrange, surnaturel, presque démoniaque, avant d’être poursuivie par un homme aux intentions certainement pas très catholiques. Le tout se déroulait dans un décor mêlant le cyberpunk, les influences post-apocalyptiques et cette iconographie semi-religieuse que semble particulièrement affectionner Carpenter Brut, notamment avec ses nombreux crucifix installés à l’envers.

Voilà donc l’univers dans lequel évolue Blood Machines. Après tout, Ickerman et Carpenter Brut travaillent de nouveau ensemble, le second a produit une fort intéressante bande sonore pour le film du premier (qui s’inscrit dans le même univers), et le projet a justement été bâti sur la popularité de l’artiste musical, notamment avec une campagne de socio-financement.

Tout cela mis à part, Blood Machines est-il un bon film? Disons qu’il s’agit d’un exercice de style intéressant. Les visuels sont certainement au point, avec une vision du futur et de l’espace intersidéral qui semble endommagé, vieilli, sale, prêt à tomber en morceaux. Un duo de maraudeurs spatiaux, habitués de récupérer les épaves de vaisseaux, poursuivent le Mima, un engin automatisé qui semble avoir fui ses maîtres. Les notions de pouvoir masculin et féminin sont ici placés au centre de l’action et des réflexions qu’elle suscite. Nos méchants sont ici tous des hommes, dont les machines sont le prolongement, alors que les bons sont tous des femmes, désireuses de « libérer les âmes » des vaisseaux… Enfin, la symbolique devient rapidement obscure et incompréhensible, et l’on se concentre sur l’ambiance et la musique. D’autant plus que le jeu des acteurs n’est franchement pas renversant. Et qui a décidé que le film d’un peu plus d’une heure devait être scindé en trois chapitres distincts, chacun avec son générique? Pourtant, l’action en soit ne vaut certainement pas que l’oeuvre soit séparée en trois courts-métrages.

Quoi qu’il en soit, Blood Machines représente en quelque sorte l’aboutissement de la vision artistique de Seth Ickerman dans le contexte de l’univers musical de Carpenter Brut. Le dernier chapitre du film est d’ailleurs beaucoup plus enlevant, alors que l’on tombe carrément dans l’allégorie, en laissant les dialogues derrière soi.

Ni ratage, ni véritable succès, Blood Machines a certainement trouvé son public en atterrissant chez Shudder. Une projection durant un festival de films de genre, par exemple Fantasia, aurait là aussi certainement fait le bonheur des amateurs.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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