Un trou noir dans notre cour arrière

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Des astrophysiciens ont découvert le plus proche trou noir, situé à « seulement » 1000 années-lumière de la Terre. Assez proche pour qu’on puisse observer à l’oeil nu les deux étoiles qui gravitent autour de lui.

Cette trouvaille accidentelle d’une équipe allemande faite à l’Observatoire européen austral de La Silla, au Chili, décrite la semaine dernière dans la revue Astronomy and Astrophysics, montre que ce trou noir dit « inactif » appartient à un système astronomique nommé HR 6819, et qu’on connaissait déjà comme un système binaire —composé de deux étoiles.

Or, il s’avère qu’ils sont trois. Les astronomes étaient à la recherche du troisième larron, mais s’attendaient plutôt à trouver une étoile à neutrons —un astre résultant de l’effondrement gravitationnel du cœur de certaines étoiles en fin de vie. La masse du nouvel objet, quatre fois celle du Soleil, s’est avéré être trop grande pour une étoile à neutrons.

C’est le premier trou noir repéré dans un système triple. Et en plus d’être le plus proche trou noir, c’est l’un des rares inactifs à avoir été découverts — une tâche d’autant plus difficile que même en temps normal, un trou noir est par définition presque invisible — sauf lorsque son activité génère un halo de particules.

Il se pourrait donc qu’il y en ait beaucoup d’autres dans notre galaxie, la Voie Lactée, sans compter le trou noir super massif situé au centre. Les astrophysiciens estiment qu’il serait possible d’en compter plusieurs milliers. Et s’ils étaient répartis uniformément, le plus proche pourrait être à seulement 30 ou 40 années-lumière de nous.

C’est loin si on devait aller y faire un tour, mais c’est presque notre cour arrière, si on se rappelle que notre galaxie mesure environ 100 000 années-lumière d’une extrémité à l’autre.


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Agence Science-Presse

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