Bach, une flûte, une passion

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La maison Analekta produit un deuxième volet de la série Flûte passion. C’est en compagnie de Camille Paquette-Roy au violoncelle et de Luc Beauséjour au piano que la flûtiste Nadia Labrie nous présente quatre pièces majeures du répertoire dédié à la flûte de Jean-Sébastien Bach.

Les œuvres nous sont présentées dans l’ordre suivant:

  1. La Sonate pour flûte en mi mineur, BWV 1034
  2. La Sonate en trio en sol majeur, BWV 1039, pour deux flûtes et clavecin
  3. La Sonate pour flûte en si mineur, BWV 1030
  4. La Partita pour flûte traversière seule en la mineur, BWV 1013.

Il s’agit là d’un excellent choix de programme pour mettre en valeur le talent de flûtiste de Nadia Labrie qui après avoir travaillé longtemps avec sa sœur guitariste, s’adjoint d’autres collaborateurs, principalement québécois.

Dans une sonate pour flûte de Bach, en fait de clavier, on s’attend davantage à entendre le clavecin que le piano. Voilà donc un choix bien assumé par Labrie. D’autant plus que son comparse Beauséjour aurait pu, toujours au clavecin, s’acquitter de la tâche avec aisance, disons.

Si la satisfaction à l’écoute varie un peu d’un mouvement à l’autre, c’est peut-être davantage dû au côté didactique du grand Bach qui était tout autant pédagogue que compositeur. Notons ici que nous avons été moins captivés par l’adagio e piano de la Sonate en trio en sol majeur, BWV 1039, pour deux flûtes et clavecin et par l’andante de la Sonate pour flûte en mi mineur, BWV 1034.

Par contre, l’interprétation de l’allegro de cette dernière sonate est très riche et on croirait entendre plus d’instruments qu’il y en avait dans le studio. On y entend aussi quelques attaques au violoncelle qui flirtent même avec un certain italianisme, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

D’un autre côté, dans la BWV 1039, où le piano fait office de deuxième flûte, il arrive que la partition arrangée pour le clavier prenne un peu trop de place.

Dans l’ensemble, pour ces œuvres, le choix de réunir flûte, piano et violoncelle est plutôt rafraîchissant. Même s’il arrive qu’on regrette l’absence du clavecin ou de la deuxième flûte, la combinaison des talents de Labrie, Beauséjour et Paquette-Roy est riche en sonorités et en émotions.


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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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